Rapport 2016 sur le paludisme dans le monde

La lutte contre le paludisme s'améliore pour les personnes vulnérables en Afrique, mais les déficits de financement ainsi que les systèmes de santé fragiles sapent les progrès accomplis et mettent en péril la réalisation des cibles mondiales.

L’Afrique subsaharienne compte pour une part importante et disproportionnée de la charge mondiale du paludisme. En 2015, on dénombrait 90 pour cent des cas de paludisme et 92 pour cent des décès dus à la maladie dans cette région. Les enfants de moins de 5 ans sont particulièrement vulnérables, représentant environ 70 pour cent de l’ensemble des décès dus au paludisme. Selon le Rapport 2016 sur le paludisme dans le monde de l’Organisation mondiale de la Santé, dans toute la région, on a signalé ces 5 dernières années une augmentation sensible des tests de diagnostic du paludisme chez l’enfant et des traitements préventifs administrés aux femmes enceintes. En outre, l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide s’est rapidement élargie chez l’ensemble de la population exposée au paludisme. Toutefois, dans de nombreux pays de la région, des lacunes importantes subsistent en matière de couverture par les programmes. Les déficits de financement ainsi que les systèmes de santé fragiles sapent les progrès accomplis et mettent en péril la réalisation des cibles mondiales.

Un programme inachevé

Le paludisme reste un problème aigu de santé publique, en particulier en Afrique subsaharienne. Selon le rapport, on dénombrait 212 millions de nouveaux cas de paludisme et 429 000 décès dus à la maladie en 2015 à l’échelle mondiale.

Dans de nombreux pays, les systèmes de santé manquent de ressources et les personnes les plus à risque de contracter le paludisme ont peu accès aux services de santé. En 2015, une proportion importante (36 %) d’enfants présentant de la fièvre ne se rendait pas dans un établissement de santé pour recevoir des soins dans 23 pays africains. On estimait que 43 pour cent de la population en Afrique subsaharienne ne bénéficiaient pas de la protection que confèrent les moustiquaires imprégnées d’insecticide ou la pulvérisation d’insecticide à l’intérieur des habitations, lesquelles sont les principales méthodes de lutte antivectorielle.

Cibles mondiales

Lors de l’Assemblée mondiale de la Santé en 2015, les États Membres ont adopté la Stratégie technique mondiale contre le paludisme 2016-2030 qui fixe des cibles ambitieuses pour 2030 ainsi que des objectifs intermédiaires tous les 5 ans afin de suivre les progrès accomplis.

Un des objectifs intermédiaires pour 2020 consiste à éliminer le paludisme dans au moins 10 pays. Le rapport montre que les perspectives sont favorables en ce qui concerne la réalisation de cette cible. En effet, en 2015, 10 pays et territoires avaient notifié un nombre de cas autochtones de paludisme inférieur à 150; et 9 autres pays avaient signalé entre 150 et 1 000 cas.

Les pays ayant déclaré zéro cas autochtones pendant 5 années consécutives peuvent soumettre une demande de certification de l’élimination du paludisme auprès de l’OMS. Ces derniers mois, le Directeur général de l’OMS a certifié que le Kirghizistan et le Sri Lanka avaient éliminé le paludisme.

Besoin urgent d’obtenir davantage de financement

En dépit de la nette augmentation des investissements mondiaux en faveur de la lutte antipaludique entre 2000 et 2010, le financement stagne depuis cette période. En 2015, le financement de la lutte antipaludique atteignait un total de 2,9 milliards de dollars US soit 45 pour cent seulement de l’objectif intermédiaire pour 2020 en matière de financement. Les autorités des pays d’endémie palustre fournissaient environ 31 pour cent de la totalité des fonds consacrés à la lutte contre la maladie en 2015. Les États-Unis d’Amérique sont le plus important bailleur de fonds international de la lutte antipaludique, représentant près de 35 pour cent du financement total en 2015, suivi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord (16 %).

(OMS/sri)

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