Forêt tropicale au matin, Batangas – Philippines
Photo: © Roberto Verzo

Ralentissement des émissions de carbone forestier

Selon la FAO, les émissions de carbone forestier ont diminué de 25 pour cent entre 2001 et 2015. La réduction générale de ces émissions est liée au recul de la déforestation mais parallèlement les émissions dues à la dégradation des forêts ont considérablement progressé.

Selon une récente (mars 2015) déclaration de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les émissions totales de carbone forestier ont régressé de plus de 25 pour cent entre 2001 et 2015, essentiellement en raison d’un ralentissement de la déforestation à l’échelle mondiale. 

Les émissions mondiales dues à la déforestation sont passées de 3,9 à 2,9 gigatonnes (Gt) de dioxyde de carbone (CO2) par an entre 2001 et 2015. La déforestation est définie comme un changement d’utilisation des terres, aux dépens des forêts et au profit d’autres utilisations des sols.

Parallèlement, la FAO a souligné que malgré la réduction générale des émissions de carbone forestier liée au recul de la déforestation, les émissions dues à la dégradation des forêts ont considérablement augmenté (de 0,4 à 1,0 Gt CO2 par an) entre 1990 et 2015. Par dégradation des forêts on entend la réduction de la densité de la biomasse des arbres due à des causes naturelles ou à l’action de l’homme, par exemple l’exploitation forestières, les feux de forêt, les dégâts dus au vent et d’autres événements.

L’absorption de CO2 par les forêts  aide à contrebalancer, mais pas entièrement, les émissions mondiales dues à la conversion de forêts à d’autres types d’utilisation des sols. Les forêts absorbent et stockent deux milliards supplémentaires de tonnes de CO2 par (2011-2015), à l’exclusion des émissions résultant de la déforestation. La moitié de ce qui constitue le puits de carbone forestier est liée à l’accroissement des plantations de forêts. 

Les pays développés représentent toujours la majeure partie du puits de carbone mondial estimé (60 pour cent entre 2011 et 2015). Cette part a toutefois reculé (elle était de 65 pour cent dans la période 2001-2010) essentiellement en raison de la moindre création de nouvelles forêts plantées.  
Les pays en développement représentent quant à eux les 40 pour cent restants du puits de carbone mondial.

Au niveau régional, l’Afrique, l’Asie, ainsi que l’Amérique latine et les Caraïbes ont continué d’émettre plus de CO2 qu’elles n’en absorbaient, bien que les émissions en Afrique et en Amérique latine aient diminué entre 1990 et 2015. À lui seul, le Brésil a représenté plus de 50 pour cent de la réduction mondiale estimée des émissions de CO2 entre 2001 et 2015.

Les forêts européennes et nord-américaines ont été des puits de carbone nets  entre 1990 et 2015 car elles absorbent plus de CO2 qu’elles n’en rejettent. Pendant cette même période, en Océanie, il ne s’est pas dégagé une tendance claire en matière d’émissions forestières.


(FAO/ile)