"Distribution alimentaire au centre de distribution de Dolo Baad dans la Woréda de Gode, région Somali, en Éthiopie, août 2017."
Photo: © FAO/IFAD/WFP/Michael Tewe

Progression de la faim dans le monde

Plus de dix pour cent de la population mondiale souffrent de la faim. La faim dans le monde progresse de nouveau, mue par les conflits et le changement climatique, selon des experts des Nations Unies

Après une régression constante durant plus d'une décennie, la faim dans le monde progresse de nouveau, selon le dernier rapport annuel des Nations Unies sur la sécurité alimentaire mondiale et la nutrition, qui a été publié en septembre 2017. Cela signifie que 815 millions de personnes, représentant onze pour cent de la population mondiale souffraient de la faim en 2016. En Afrique, 20 pour cent la population étaient sous-alimentées, en Afrique de l’Est, ce chiffre était même de 30 pour cent.

Selon les experts des Nations unies, les conflits sont la principale cause de la faim, et les conflits sont de plus en plus exacerbés par les changements climatiques. Ils font en particulier référence au phénomène météorologique El Niño / La Niña. En bref, l'augmentation - 38 millions de personnes de plus que l'année précédente - est en grande partie due à la prolifération des conflits violents et aux chocs climatiques.

Sur les 815 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde, 489 millions vivent dans des pays touchés par des conflits. Quelques 155 millions d'enfants de moins de cinq ans souffrent d'un retard de croissance, ce qui signifie qu’ils sont petits pour leur âge. 122 millions d’entre eux vivent dans des pays touchés à des degrés divers par des conflits.

Les conflits sont le principal moteur de la faim

« Au cours de la dernière décennie, les conflits ont considérablement augmenté et sont devenus plus complexes et plus difficiles à résoudre », disent les experts.  Ils indiquent que les proportions les plus élevées d'enfants en situation de précarité alimentaire et de malnutrition dans le monde sont maintenant concentrées dans les zones de conflit.

Dans le même temps, de multiples formes de malnutrition menacent la santé de millions de personnes dans le monde. 52 millions d’enfants souffrent d’insuffisance pondérale, ce qui signifie qu’ils ont un poids trop faible par rapport à leur taille. On estime, en outre, que 41 millions d'enfants sont maintenant en surpoids.

L'anémie chez les femmes et l'obésité chez les adultes sont également préoccupantes. Ces tendances sont une conséquence non seulement des conflits et du changement climatique, mais aussi des changements profonds des habitudes alimentaires et des ralentissements économiques.

Ce sont les régions rurales qui souffrent le plus

La plupart des conflits affectent principalement les zones rurales et leurs populations, en ayant des impacts lourds et préjudiciables sur l’agriculture, les systèmes alimentaires et les moyens de subsistance. Dans de nombreux pays touchés par les conflits, l’agriculture de subsistance est essentielle à la sécurité alimentaire d’une grande partie de la population.

En moyenne, 56 pour cent de la population des pays touchés par un conflit vivent dans les zones rurales, où les moyens d'existence sont largement tributaires de l’agriculture.  Dans les contextes de crise prolongée, la proportion de la population qui vit dans les zones rurales est de 62 pour cent en moyenne, mais elle peut dépasser 80 pour cent dans certains pays tels que le Burundi, l’Éthiopie et le Niger.

Depuis 2000, 48 pour cent environ des conflits civils ont eu lieu en Afrique dans des contextes où l’accès aux terres est indispensable aux moyens d’existence de nombreux ruraux et où les questions foncières ont joué un rôle important dans 27 conflits, sur un total de 30.

Téléchargez le rapport : L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2017

(FAO/ile)