Au Bénin, une soixantaine de leaders influents ont assisté à la première conférence nationale sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Photo: © GIZ

Première conférence nationale sur la sécurité alimentaire au Bénin

La première conférence nationale de partage des expériences entre les acteurs de la sécurité alimentaire et nutritionnelle s’est tenue à la mi-août 2017 au Bénin. L’objectif était de faire pression sur les différents ministères et décideurs concernés par la sécurité alimentaire et nutritionnelle au sujet de l’importance de la nutrition, notamment pour les femmes et les jeunes enfants, dans le but d’améliorer la dotation en personnel et les équipements des services publics déconcentrés.

Des représentants du projet de Sécurité Alimentaire et renforcement de la Résilience au Bénin de l'initiative spéciale Un seul monde sans faim (SEWOH) du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) visant à améliorer la situation alimentaire à l’échelle mondiale, ont organisé une conférence nationale sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle à Possotomè auf Bénin, les 17 et 18 août 2017. Cette manifestation, la première du genre, a été organisée en étroite collaboration avec le Conseil de l’Alimentation et la Nutrition (CAN) du Bénin pour, et une soixantaine de leaders, tous parties prenantes de la sécurité nutritionnelle et décideurs politiques de haut niveau (voir encadré), y ont participé.

Les membres de l’équipe ProSAR (Projet de sécurité alimentaire et renforcement de la résilience) ont invité les représentants du gouvernement à affecter les ressources financières et le personnel nécessaires pour permettre aux structures décentralisées de jouer efficacement leur rôle dans l’amélioration des conditions nutritionnelle de la population. Andreas König, directeur résident de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) au Bénin, a souligné que ce forum visait à sensibiliser le gouvernement du Bénin à la question de la sécurité nutritionnelle et à y accorder une attention accrue. Pour Andreas König, la lutte contre la malnutrition à l’échelle mondiale est une question à laquelle le gouvernement allemand accorde une importance considérable.

Saisir l’opportunité

Le CAN a attiré l’attention de l'assistance sur l’extraordinaire possibilité offerte par la conférence pour vérifier les interventions des différents acteurs. Malgré tous les forums antérieurs consacrés à l’impact de la coopération internationale au développement (Monterrey en 2003, Paris en 2005 et Busan en 2011), la première mise en œuvre tangible de ces interventions se fait toujours attendre. Après avoir pris connaissance de l’architecture institutionnelle majeure mise en place par le Bénin pour inverser les tendances de la malnutrition dans le pays, le CAN a dit espérer que des résultats concrets et des progrès seront réalisés au niveau de l’efficacité de l’aide dans les programmes de nutrition, conformément aux accords internationaux d’aide au développement.

Les représentants du Ministère de l’Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche et du Ministère du Plan et du Développement du Bénin se sont mis d’accord pour prôner un soutien synergique concerté de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Les maires et directeurs des centres de promotion social des cinq municipalités (Natitingou, Tanguiéta, Toucountouna, Kérou et Péhunco du département d’Atacora, dans le nord-ouest du Bénin) ont fait état dde l'insuffisance de personnel et de moyens financiers dans leurs communautés. Nadia Fanou, nutritionniste à l’université d’Abomey-Calavi, a souligné l’importance d’un soutien scientifique pour les mesures de sécurité alimentaire. L’Institut de la sécurité alimentaire de l’université a créé une base de données centralisée qui permet d’améliorer la coordination des outils et des systèmes de suivi entre les différents acteurs.

Créer des synergies

Les participants ont convenu que le CAN, en tant qu’autorité nationale de coordination, devait disposer de plus de moyens pour créer des synergies. Ils se sont dits favorables à un certain nombre de mesures visant à atteindre ce résultat, parmi lesquelles :

  • dresser un inventaire des acteurs de la sécurité alimentaire ;
  • identifier les éléments à harmoniser en matière d’indicateurs, de groupes cibles, d’approches et de système de suivi ;
  • élaborer une politique nationale de nutrition et actualiser la stratégie nationale de développement alimentaire et nutritionnel.

Les participants ont exhorté les responsables politiques à améliorer les équipements et la dotation en personnel des services gouvernementaux (sociaux) déconcentrés actifs dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Il a par ailleurs été décidé que le secrétaire permanent du CAN (qui est rattaché au Cabinet du président de la République) informerait directement le chef de l’État, ainsi que le Ministre du Plan et du Développement, des résultats de la conférence. Des réunions périodiques de suivi seront organisées par le CAN et ses partenaires.

Les premiers résultats devraient être obtenus d’ici la mi-novembre.

Orou Dèkè Gonroudobou, Directeur adjoint du Cabinet du Ministre de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche ; Françoise Assoba Komlan, secrétaire générale, du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche du Bénin (MAEP), et Rufino d’Almeida, directeur de cabinet du Ministre du Plan et du Développement, ont participé au débat. Trois membres du réseau parlementaire pour la nutrition, le Directeur de la Santé de la Mère et de l'Enfant du Ministère de la Santé, ainsi que les directeurs de la Programmation et de la Prospective du MAEP et du Ministère de Cadre de Vie, ont contribué à la réussite de la manifestation présidée par Ambroise Agbota, représentant de la Banque mondiale. 
Parmi les autres acteurs importants de la conférence, citons la Coopération Technique belge (CTB), par l’intermédiaire de son projet nutritionnel AMSANA (Appui multisectoriel à la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans l'Atacora), le projet de la GIZ intitulé Adaptation de l’agriculture au changement climatique (PACC), CARE Bénin-Togo, le recteur de l’université nationale d’agriculture de Porto-Novo/Bénin, et le doyen de la faculté des sciences agronomiques de l’université d’Abomey-Calavi. Une délégation du Togo, comprenant des membres du projet apparenté ProSecAl, le coordinateur du projet ProDRA (Programme pour le développement rural et l'agriculture au Togo), des délégués du ministère togolais de la Santé, et le point focal du gouvernement pour la nutrition, de l’Initiative d’amélioration de la nutrition (SUN), ont fait part de leurs expériences.

Nadescha Beckmann, consultante ; Rüdiger Behrens, chef d’équipe ; Mamam Toléba, conseiller technique pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle

Élément du projet de sécurité alimentaire du SEWOH
Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ)
Contact : Ruediger.behrens@giz.de

Roch Mongbo, secrétaire général du CAN
Contact: rochl_mongbo@yahoo.fr