01.02.2019

Quatrièmement, et pour finir, les obstacles politiques sont toujours là. Les gros acteurs de l’agroalimentaire mettent leur veto à toute transformation importante susceptible de menacer leur position dans le système et susceptible de chercher à savoir pourquoi, notamment, les agriculteurs sont relégués au rôle d’acheteurs captifs d’intrants et de fournisseurs de matière première à l’industrie agroalimentaire.

Ces obstacles sont quasi insurmontables. C’est pourquoi la démocratie alimentaire – la capacité des populations à faire des choix réels sur la façon de produire des aliments, sur quels aliments produire et sur la façon de les manger – est la clé qui permettrait de déverrouiller le système. La révolution agroécologique est plus que nécessaire. Mais elle ne réussira que si nous arrivons à franchir les obstacles politico-économiques qui s’opposent au changement. Ce numéro de Rural 21 est une importante contribution à la réalisation de cette entreprise ambitieuse et urgente.

Olivier De Schutter est membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies et il a été le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation de 2008 à 2014.
Contact : olivier.deschutter(at)uclouvain.be