01.02.2019

De fait, en tant que branche de l’agronomie empruntant à l’écologie pour remplacer le mode d’agriculture dans les écosystèmes dans lesquels il se situe, l’agroécologie est particulièrement appropriée pour relever les défis du moment. Dans le système d’agriculture industrielle qui reste prédominant, il faut environ dix calories d’énergie fossile pour produire une calorie alimentaire, une situation clairement non durable alors que nous atteignons le plafonnement de la production gazière et pétrolière. Ce système contribue énormément à la production de gaz à effet de serre : au moins 13,5 pour cent des émissions anthropiques totales de gaz à effet de serre proviennent de l’agriculture, et cette proportion atteint un tiers si on tient compte, dans ce calcul, de la déforestation pratiquée pour créer des pâturages et étendre les zones cultivées, ainsi que des diverses étapes de transformation, de conditionnement, de transport et de distribution des aliments. Les petites unités de production sont systématiquement désavantagées car elles manquent de moyens pour se mécaniser et pour bénéficier d’économies d’échelle, et parce qu’elles sont moins compétitives dans un monde dans lequel il est demandé aux agriculteurs de devenir des fournisseurs de gros volumes de produits bruts uniformes à l’industrie agroalimentaire.