01.02.2019

Selon ce point de vue de la science du vingtième siècle, la complexité de la nature pose problème : il faut la simplifier si on peut – qu’importe si cela signifie empêcher l’agriculteur de développer sa technique et transformer cette technique en aptitude à lire le mode d’emploi figurant sur les pulvérisateurs et les sacs de semences.

Si l’agroécologie découle d’une nouvelle connaissance de la nature et de notre relation avec elle, il s’ensuit naturellement que c’est également un mouvement social. Ce mouvement encourage les échanges d’informations entre les agriculteurs. Il privilégie les solutions locales s’appuyant sur des ressources locales. Et il transforme la relation entre l’agriculteur et « l’expert » du ministère de l’agriculture ou de l’agence internationale, non pas pour l’inverser et pour remplacer une hiérarchie par une autre, mais pour aller vers la co-élaboration de connaissances, comme l’illustre très justement la sélection végétale participative.

Plus qu’un recueil de techniques agronomiques

Ce n’est qu’en percevant l’agroécologie comme autre chose qu’un recueil particulier de techniques agronomiques qu’on peut comprendre l’opposition à laquelle elle est confrontée.