Au Bénin, des femmes préparent des feuilles de bananiers qui seront utilisées comme matériau d’emballage.
Photo: ©Barbara Götz

Des feuilles de plantes au lieu de plastique comme matériau d’emballage

Comment conserver les aliments plus longtemps sans utiliser d’emballages en plastique ? Des chercheurs de l’université de Bonn/Allemagne font appel à d’anciennes techniques d’emballage à base de feuilles de plantes et les optimisent en les associant à de nouvelles technologies.

Depuis 2018, compte tenu des problèmes environnementaux dus aux déchets de matériaux d’emballage, le gouvernement du Bénin, en Afrique de l’Ouest, interdit l’utilisation des sacs plastiques non biodégradables. Dans le cadre d’un projet conjoint avec leurs collègues de l’université d’Abomey Calavi, près de Cotonou, au Bénin, des chercheurs de l’université de Bonn/Allemagne tentent actuellement d’élaborer des emballages durables en matières naturelles telles que les feuilles de bananiers. 

« Le Bénin est un des pays les plus pauvres du monde et il compte encore plus d’un million d’habitants sous-alimentés ; c’est pourquoi la protection des aliments dans des emballages est particulièrement importante, » explique la professeure Judith Kreyenschmidt, qui dirige le projet à l’Institut des sciences animales de l’université de Bonn. Cette protection est particulièrement importante pendant le transport, car l’absence d’emballage ou le recours à des emballages de qualité insuffisante peuvent entraîner la perte de précieux produits alimentaires. Toutefois, notamment dans des pays tels que le Bénin qui ne disposent pas d’une industrie de gestion des déchets, l’emploi excessif du plastique peut entraîner une forte pollution de l’environnement.

C’est pourquoi un des objectifs du projet WALF-Pack (West African local food packaging) est de pousser le développement d’anciennes techniques d’emballage à base de feuilles de plantes et de les optimiser en les associant avec de nouvelles technologies. Traditionnellement, une bonne partie des aliments, par exemple divers produits écrasés, est encore emballée dans des feuilles de bananiers ou d’autres plantes locales. Ces feuilles peuvent non seulement servir à protéger, transporter ou présenter les produits, elles peuvent aussi, parfois, affiner leur goût. 

Comme l’explique l’université de Bonn dans un communiqué de presse de la mi-février, le projet WALF étudie un certain nombre d’approches de développement d’emballages. Alors que les anciennes méthodes d’emballage doivent être améliorées, de nouveaux matériaux durables tels que les bioplastiques doivent être utilisés en combinaison avec des revêtements actifs durables appelés emballages actifs. Ces emballages contiennent un élément actif qui ralentit la dégradation des aliments. 

Pour assurer le développement optimal d’emballages adaptés aux conditions locales, la doctorante Barbara Götz se rend régulièrement au Bénin. Dans ce pays, l’expertise d’un réseau d’entreprises locales d’emballage, de commerçants, de fabricants, d’organisations non gouvernementales (ONG) et de chercheurs de l’université d’Abomey Calavi est mise au service de l’adaptation optimale des solutions au marché local.

Des emballages en jacinthes d’eau 
 

En collaboration avec l’ONG béninoise « Jeunesse et emplois verts pour une économie verte » (JEVEV), qui fabrique des paniers, des sacs et d’autres objets utiles à partir de tiges séchées de jacinthes d’eau, les chercheurs essaient de voir si cette plante pouvait également être utile comme matériau d’emballage local. La jacinthe d’eau est une plante envahissante originaire d’Amérique du Sud qui prolifère dans les conditions environnementales qu’elle trouve en Afrique où elle encombre les lacs et les cours d’eau. 

Une expérience en laboratoire réalisée dans le contexte du projet a montré que les plantes récoltées ne sont pas contaminées par les métaux lourds et conviennent par conséquent comme matériau d’emballage pour les aliments. « À l’avenir, l’ONG JEVEV souhaite élargir ses activités en fabriquant du papier à base de jacinthes d’eau, ce qui créera des structures économiques supplémentaires et des emplois qui seront associés à la conservation de la biodiversité et la protection de l’environnement, » explique Barbara Götz. Ces conditions constituent une base saine pour le développement d’emballages à partir de la jacinthe d’eau. 

Le consortium du projet WALF 


Le consortium du projet de durabilité comprend l’université de Bonn/Allemagne et l’université d’Abomey Calavi/Bénin. Il est soutenu par un réseau de fabricants, d’entreprises de transformation, d’institutions publiques et d’entreprises d’emballage. Le ministère fédéral allemand de l’Alimentation et de l’Agriculture (BMEL) finance le projet « WALF-Pack » à hauteur de 350 000 euros sur trois ans. 

(Université de Bonn /idw/wi)