Une femme sur trois dans le monde est victime de violences physiques ou sexuelles à un moment de sa vie. La Journée internationale, qui chaque année est programmée le 25, appelle à agir pour enfin mettre fin à la violence à l'égard des femmes et des filles. <br/> Photo: e+z

Une femme sur trois dans le monde est victime de violences physiques ou sexuelles à un moment de sa vie. La Journée internationale, qui chaque année est programmée le 25, appelle à agir pour enfin mettre fin à la violence à l'égard des femmes et des filles.
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Plan en cinq points de lutte contre la violence à l’égard des femmes

La violence à l’égard des filles et des femmes est un vieux problème mondial et en même temps un sujet scandaleux brûlant d’actualité. À la veille de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le ministre allemand du développement, Gerd Müller, a demandé à ce que cette situation change, partout dans le monde, au moyen de projets spécifiques.

« La violence à l’égard des femmes et des filles revêt différentes formes. Aucune de ces formes n’est acceptable. Toute forme de violence à l’égard des femmes et des filles est non seulement une atteinte aux droits humains, elle prive également les femmes et les filles de chances et possibilités. « En émancipant les femmes, nous émancipons les sociétés » a déclaré le ministre allemand du développement, Gerd Müller, lors d’une conférence qui s’est déroulée à Berlin le 23 novembre. La conférence intitulée « Prévenir la violence à l’égard des femmes et des filles dans le contexte international » s’est tenue au ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ).

Le ministre a saisi l’opportunité de la conférence pour révéler un nouveau plan en cinq points soulignant comment l’Allemagne entend prévenir la violence à l’égard des femmes et leur offrir une meilleure protection au travers de sa politique de développement.

1. L’Allemagne ne laisse aucune victime de côté.

Pendant et après les conflits ou dans la fuite, les femmes et les filles sont particulièrement exposées aux violences sexuelles. C’est pourquoi, le gouvernement fédéral adjoindra à tous ses programmes de protection des réfugiés une composante de protection spécifique au genre. Il financera en outre des centres d’accueil qui offriront aux victimes de violences des conseils pour surmonter leur stress post-traumatique ainsi qu’une aide médicale, juridique et psychosociale.

Le BMZ a cité en exemple le Liberia où, dans 70 villages, des femmes et des filles victimes de violences ont reçu une aide médicale et psychologique et ont bénéficié de conseils juridiques.

2. Obliger les auteurs à répondre de leurs actes.

Le gouvernement fédéral soutient la documentation et le traitement des crimes contre l’humanité et l’assistance juridique aux victimes en renforçant les institutions de l’État de droit aussi bien sur place, dans les pays, qu’au niveau international (par exemple le Tribunal pénal international).

Le BMZ cite ainsi l’exemple du soutien apporté au traitement des crimes de guerre au Cambodge. Les personnes ayant survécu à des violences sexuelles et basées sur le genre bénéficient d’informations juridiques et de conseils psychosociaux. Grâce à ce soutien, elles engagent des actions en justice en se constituant partie civile.

3. Égalité des chances et des droits.

Les jeunes femmes doivent dès le départ avoir les mêmes droits d’accès à l’éducation, à la formation et à l’emploi, souligne le BMZ dans sa déclaration. Pour garantir que les filles puissent durablement fréquenter les cours, le gouvernement fédéral finance, par exemple, des installations sanitaires sûres et hygiéniques pour de jeunes Kenyanes, ce qui permet à 25 000 filles d’avoir durablement accès à un enseignement primaire et secondaire dans 29 écoles nouvellement construites.

Un autre exemple est l’Initiative lancée dans le cadre de la présidence allemande du G20 « eSkills4Girls » (e-compétences pour les filles) qui soutient la formation en compétences informatiques des filles et des femmes dans 17 pays africains.

4. Empêcher la violence à un stade précoce.

Conjointement avec la société civile, la coopération allemande au développement s’engage dans de nombreuses écoles et communes à combattre les mutilations génitales féminines. Des campagnes sont menées à cet effet dans les écoles afin de promouvoir l’égalité des droits et des chances, d’encourager la confrontation avec les modèles de rôles traditionnels et de montrer comment les conflits peuvent être résolus pacifiquement.

Au Niger, le gouvernement fédéral renforce les capacités d’acteurs politiques dans le contexte de la traite d’êtres humains, de l’exode et de la migration. L’objectif est de favoriser la mise en place d’une politique de la migration qui renforce les droits des victimes de la traite d’êtres humains et qui tient particulièrement compte des besoins des femmes et des filles.

5. Agir au niveau national et international pour impacter le niveau local

Le BMZ cite comme objectif important le renforcement des structures institutionnelles dans les pays partenaires afin que les accords internationaux, régionaux et nationaux relatifs à la protection des femmes et des filles puissent être mis en œuvre et appliqués. La situation des femmes et des filles doit être abordée dans toutes les négociations intergouvernementales.

À cette fin, le gouvernement fédéral lance le Deuxième Plan d’action national sur la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité (2017 à 2020) afin notamment de renforcer, en commun avec ONU Femmes, la participation politique et l’influence des femmes dans les processus de paix et de transition de haut niveau au Proche-Orient.

(BMZ/wi)