Perspectives mondiales du financement du développement durable 2019

Selon un nouveau rapport de l’OCDE, le financement extérieur à destination des pays pauvres est en baisse, en dépit de l’engagement souscrit il y a trois ans par la communauté internationale d’accroître les apports financiers à l’appui du développement, notamment sous la forme d’investissements privés.

Selon les Perspectives mondiales du financement du développement durable 2019 – faire face au défi, le financement extérieur à destination des pays en développement a diminué de 12 pour cent de 2013 à 2016. Pour les auteurs, ce recul jette de sérieux doutes sur la capacité de la communauté internationale à atteindre les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030. Le rapport a été publié en novembre 2018 par l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE).

Selon le rapport, les données sur le financement extérieur disponibles au-delà de 2016 montrent que l’investissement direct étranger à destination des pays en développement a chuté de 30 pour cent sur la période de 2016 à 2017 et que le financement de projets a baissé de 30 pour cent au premier trimestre de 2018. L’aide publique au développement (APD) des économies avancées est stable mais reste inférieure aux objectifs, tandis que d’autres apports tels que les envois de fonds et la finance philanthropique, bien qu’en augmentation, demeurent comparativement modestes.

Cette baisse survient alors même que les besoins de financement à l’appui du développement durable augmentent du fait de la croissance démographique, des conflits ou de la dégradation de l’environnement. Lors de la Conférence des Nations unies d’Addis-Abeba, en 2015, la communauté internationale s’est engagée à accroître le financement du développement, en se servant de l’investissement privé comme levier.

Révision du système de financement du développement

Le rapport appelle à intensifier les efforts de mobilisation des ressources intérieures, qui sont au moins aussi importantes que les apports extérieurs pour le développement durable. Par exemple, les recettes fiscales sont de loin la ressource financière la plus importante pour les pays pauvres. Pourtant, dans les pays à faible revenu et les pays les moins avancés, les recettes fiscales sont en moyenne de seulement 14 pour cent du PIB, soit moins de la moitié de ce qu’elles sont dans les pays de l’OCDE (34 pour cent) et moins que les 15 pour cent qui constituent le seuil minimum recommandé pour un bon fonctionnement de l’État.

Autre exemple, les coûts de transaction relatifs aux envois de fonds des émigrés à leur famille dans les pays en développement peuvent atteindre 14 à 20 pour cent. Selon le rapport, un abaissement des coûts de transfert de seulement 1 pour cent augmenterait de 30 milliards USD la valeur du total des envois de fonds des émigrés (466 milliards USD en 2017) – soit près d’un quart du total des apports de l’APD.

Le rapport préconise une refonte du système de financement du développement dans le but de renforcer la transparence, de définir des normes internationales claires et de donner aux pays destinataires les moyens de procéder à des choix optimaux. Il appelle également à faire plus pour mesurer l’impact, et non plus seulement le volume, du financement du développement, et à permettre une interaction plus stratégique entre les fournisseurs, les intermédiaires et les bénéficiaires de sorte que chaque dollar dépensé produise le maximum d’impact.

En ce qui concerne les ressources intérieures, les auteurs déclarent que la communauté internationale devrait soutenir les échanges et le développement du secteur privé, recenser et éliminer les obstacles à l’investissement, renforcer les capacités de mobilisation des recettes fiscales et aider les pays en développement à prévenir l’évasion et la fraude fiscales.

(OCDE / db)

Plus d’informations :

Télécharger le rapport Perspectives mondiales du financement du développement durable 2019 - faire face au défi (résumé français)