Lancement de l’initiative « AFR100 » lors du Global Landscapes Forum.

Lancement de l’initiative « AFR100 » lors du Global Landscapes Forum.
Photo. © Pilar Valbuena for CIFOR

Pays africains lancent l'AFR100 afin de restaurer des paysages forestiers

À la Conférence des Parties (COP21) à Paris, les pays africains ont lancé l’initiative « AFR100 », effort panafricain piloté au niveau national pour la restauration de 100 millions d'hectares de paysages dégradés et déboisés d'ici 2030.

Lors du Global Landscapes Forum à la Conférence des Parties (COP21) à Paris, les pays africains ont lancé l’initiative « AFR100 » (African Forest Landscape Restoration Initiative). L’initiative vise à restaurer 100 millions d’hectares de paysages dégradés et déboisés d’ici 2013. Plus d'une dizaine de pays africains ont accepté de se joindre au AFR100 et se sont engagés à hauteur de plus de 31.7 millions d'hectares de terres pour la restauration du paysage forestier, soit une superficie su-périeure à celle du Zimbabwe ou de l'Allemagne.

Les partenaires de l'AFR100 promettent plus de 1 milliard de dollars US (USD) en financement pour le développement et 540 millions USD en investissement social du secteur privé pour soutenir les activités de restauration.

L'AFR100 associe un leadership politique à un ensemble ambitieux de ressources financières et techniques pour soutenir les efforts de restauration du paysage forestier à large échelle partout en Afrique. Neuf prestataires financiers et dix prestataires d'assistance technique ont promis d'apporter un soutien, avec en tête, le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD), le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ) et le World Resources Institute (WRI, Institut des ressources mondiales). 

L'AFR100 se base sur les engagements en matière de climat pris par les pays d'Afrique. À ce jour, 13 des INDC (contributions prévues décidées au niveau national) soumises par les pays africains incluent la restauration, la conservation des forêts actuelles ou une agriculture « sensible au climat ». Selon une analyse du WRI, une réalisation de ces engagements réduirait de manière cumulée les émissions de 1,2 gigatonnes d’équivalent CO2 sur les dix années qui viennent, ce qui représenterait 36 pour cent des émissions annuelles de l'Afrique et 0,25 pour cent des émissions mondiales.

L'AFR100 reconnaît les avantages que les forêts et les arbres peuvent offrir aux paysages africains, à savoir, une meilleure fertilité des sols et à une plus grande sécurité alimentaire, à une meilleure disponibilité et qualité des ressources en eau, à une réduction de la désertification, à une augmentation de la biodiversité, des emplois verts, une croissance économique et l'augmentation de la capacité de résilience et d'atténuation face au changement climatique. Selon le communiqué de presse du WIR, la restauration des paysages forestiers pourrait améliorer les moyens de subsistance, particulièrement pour les femmes. Par exemple, il y a 20 ans, les femmes du Sud du Niger passaient environ 2 heures et demi par jour à ramasser du bois de chauffe, en pénurie dans les paysages dégradés. Maintenant, elles taillent les arbres qui se trouvent sur leur exploitation agricole et gagnent ainsi deux heures par jour qu'elles peuvent consacrer à des activités génératrices de revenus.

Pour en savoir plus (en anglais) : AFR100

(WRI/sri)