Débat sur le rôle de divers acteurs de la mise en œuvre d’un revenu minimum.
Photo : © ISEAL Alliance

Œuvrer en faveur d’un niveau de vie décent dans les chaînes d’alimentation mondiales en Afrique

La communauté de pratique sur le revenu minimum vital (Living Income Community of Practice) est un groupe de travail international dont les membres œuvrent conjointement en faveur d’un niveau de vie décent pour les petits exploitants agricoles des chaînes d’approvisionnement mondiales. Lors de son atelier annuel, coorganisé avec la GIZ (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit), environ 100 participants ont examiné les progrès réalisés, les problèmes restant à résoudre et les prochaines étapes de mise en œuvre d’un revenu minimum dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

La Living Income Community of Practice a été créée en 2015 par le programme Sustainable Agricultural Supply Chains de la GIZ, l’ISEAL Alliance, l’organisation faîtière des normes de durabilité et le Sustainable Food Lab, un groupe de réflexion basé aux États-Unis.

Aujourd’hui, le groupe de travail est composé de plus de 300 adhérents appartenant à un ensemble varié de parties prenantes, parmi lesquelles des organisations de normalisation telles que Fairtrade et la Rainforest Alliance, des organisations sans but lucratif, telles que le Voice Network et Oxfam, ainsi que des entreprises privées, parmi lesquelles Mars, Cargill et IKEA. Figurent également, parmi les membres de la Living Income Community of Practice, des représentants gouvernementaux de pays consommateurs et producteurs, ainsi que des instituts de recherche et des services de conseil.
Parmi ce groupe varié d’acteurs, la Living Income Community of Practice encourage les échanges et la collaboration dans deux domaines d’action majeurs.

Un ensemble d’activités met l’accent sur la promotion de conseils et sur l’harmonisation des méthodologies de calcul des indicateurs de revenu minimum vital, des revenus réels des ménages et des inégalités de revenus. À titre d’exemple, en 2018, les membres de la communauté de pratique ont soutenu deux études de terrain sur les coûts d’un revenu décent pour les ménages producteurs de cacao au Ghana et en Côte d’Ivoire. Sur la base des résultats obtenus, deux autres études réalisées par l’Institut royal des tropiques (Royal Tropical Institute – KIT) ont révélé de très importantes différences de revenus dans ces deux pays.

Au Ghana, un ménage type de six personnes gagnait moins de la moitié du revenu qui serait nécessaire pour un niveau de vie décent. En Côte d’Ivoire, l’insuffisance des revenus était encore plus marquée. Le revenu réel d’une famille type de sept personnes ne représentait qu’un tiers du revenu minimum vital nécessaire.

Le deuxième objectif majeur du groupe de travail est l’élaboration de stratégies efficaces de mise en œuvre d’un revenu minimum vital dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. L’organisation régulière de webinaires et d’ateliers annuels constitue une plateforme d’échange et de stimulation d’une action conjointe.

Atelier de la Living Income Community of Practice

Une fois par an, la Living Income Community of Practice organise un atelier. La réunion de cette année, organisée fin janvier à Bonn, Allemagne, mettait l’accent sur la collaboration intersectorielle et la communication sur les approches méthodologiques et stratégiques de mise en œuvre des revenus et salaires minimum vitaux dans le secteur agricole. En plus de représentants d’organismes de certification, d’ONG et d’instituts de recherche, des représentants d’entreprises privées et de gouvernements de pays consommateurs et producteurs étaient du nombre de la centaine de participants à l’atelier.

Les participants ont examiné les méthodes de calcul des revenus minimums vitaux, des revenus réels et des écarts de revenus. Ils ont insisté sur le fait que le débat méthodologique devait avant tout être axé sur l’attribution pratique et rapide de revenus plus élevés. Par ailleurs, ils ont manifesté un intérêt considérable pour l’élaboration de lignes directrices de calcul et d’outils de calcul numériques harmonisés.
Le deuxième jour de l’atelier, les participants ont examiné d’éventuelles stratégies visant à combler l’écart de revenu. Par exemple, ils ont examiné les potentialités de modèles de justes prix et de commerce équitable. Il a été convenu que les revenus et salaires minimums vitaux ne pouvaient être appliqués que par l’intermédiaire d’une combinaison de stratégies différentes.

Les participants ont également formulé le souhait d’une réglementation à l’échelle de l’Union européenne obligeant les entreprises à respecter les droits de l’homme dans leurs chaînes d’approvisionnement mondiales.

Nina Kuppetz andJörg Bohn, GIZ, Programme « Sustainable Agricultural Supply Chains and Standards », Bonn, Allemagne

Contact: Friederike Martin, GIZ, Programme « Sustainable Agricultural Supply Chains and Standards », Bonn, Allemagne

Plus d’informations :

Website of Living Income Community of Practice