Nutrition et systèmes alimentaires

Le rapport « Nutrition et systèmes alimentaires » du Groupe d’experts de haut niveau (HLPE) a été publié par la FAO en mars 2018. Le groupe a été établi en 2010 en tant que interface science-politique du Comité sur la Sécurité Alimentaire Mondiale (CSA).

Une personne sur trois dans le monde souffre de malnutrition aujourd’hui et si rien n’est fait, ce pourrait être une personne sur deux d’ici à 2030. Profitant de la dynamique politique créée autour de la nutrition par le Programme de développement durable à l’horizon 2030, la Déclaration de Rome sur la nutrition, adoptée en 2014, et la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition (2016-2025) qui a été lancée ensuite, le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) a demandé au Groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition (en anglais: High Level Panel of Experts/HLPE) d’établir un rapport sur le thème « Nutrition et systèmes alimentaires ». Le HLPE vise à améliorer la robustesse de l'élaboration des politiques, en fournissant des analyses indépendantes fondées sur des preuves et des conseils à la demande du CSA.

Face à la multitude des défis liés aux régimes alimentaires et à la malnutrition qui nous attendent, il faudra une réponse et un environnement porteur coordonnés et multisectoriels, si l’on veut apporter un véritable changement dans les systèmes alimentaires. Il faudra pour cela un dialogue entre les différents secteurs et les différentes parties prenantes – décideurs, acteurs du développement, société civile, donateurs, secteur privé, et consommateurs et producteurs. Ce dialogue entre différentes plateformes pourra emprunter plusieurs voies, mais en tout état de cause une gouvernance et une responsabilisation renforcées seront nécessaires.

Intégrer la nutrition

La faim demeure un sujet de préoccupation majeur, mais l’excès pondéral et l’obésité progressent à un rythme rapide partout dans le monde, y compris dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Les diverses formes de malnutrition – dénutrition, carences en micronutriments, excès pondéral et obésité – n’épargnent donc désormais aucun pays, qu’il s’agisse de pays à revenu faible, intermédiaire ou élevé. Ces diverses formes de malnutrition peuvent coexister à l’échelle d’un pays ou d’une communauté, et parfois d’un ménage ou d’un individu, et même, paradoxalement, être liées: il convient donc de les combattre toutes en même temps.
De ce fait, la faim et la malnutrition ne se corrigeront pas «d’elles-mêmes» avec la croissance économique, comme beaucoup le pensaient par le passé; ce ne sont pas non plus des questions auxquelles on s’attaquera spontanément. La nutrition doit au contraire être intégrée en tant qu’objectif explicite dans les politiques, programmes et budgets nationaux des pays à faible revenu comme des pays à revenu élevé. Il convient de concevoir et de mettre en oeuvre des stratégies nutritionnelles intersectorielles, du niveau mondial jusqu’au niveau local.

Les systèmes alimentaires

Nos systèmes alimentaires actuels ont des incidences considérables sur la santé humaine et l’état de la planète. Ils façonnent les décisions des producteurs et les choix alimentaires des consommateurs. Cela étant, le rapport montre que les décisions et les choix (à la fois individuels et collectifs) des êtres humains s’agissant de la production et de la consommation peuvent aussi influer sur les systèmes alimentaires et renforcer leur capacité à offrir une alimentation saine et durable.

Premièrement, il entend analyser l’influence des systèmes alimentaires sur les modes d’alimentation et l’état nutritionnel des populations. Le cadre conceptuel que propose le HLPE décrit trois éléments interdépendants dans les systèmes alimentaires à savoir:

  • les chaînes d’approvisionnement alimentaire
  • les environnements alimentaires
  • le comportement des consommateurs

L’environnement alimentaire joue un rôle central au contexte physique, économique, politique et socioculturel dans lequel les consommateurs entrent en contact avec le système alimentaire – en aidant ces derniers à faire des choix alimentaires qui soient à la fois bénéfiques pour la santé et propices au développement durable.

Deuxièmement, le rapport appelle à de profondes transformations. Dans cette optique, il présente des politiques et des programmes efficaces qui pourraient façonner les systèmes alimentaires et contribuer à améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition. La réalisation effective du droit à une alimentation adéquate passera obligatoirement par l’amélioration des environnements alimentaires. Il y a deux actions prioritaires concrètes:

  • améliorer l’accès physique et économique à une alimentation saine et judicieuse du point de vue du développement durable et
  • renforcer l’information et l’éducation des consommateurs afin de leur permettre de faire des choix alimentaires plus sains.

Le rapport adresse une série de recommandations concrètes aux États et aux autres parties prenantes, en vue d’orienter la mobilisation du CSA au service de la nutrition et la contribution du Comité à la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition. Il souligne la nécessité de disposer de solutions adaptées aux contextes, mais aussi de prendre des mesures cohérentes à tous les niveaux.

(FAO/db)

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