La DDC s’efforce d’assurer une cohabitation pacifique entre les agriculteurs sédentaires et les éleveurs nomades pratiquant la transhumance transfrontalière au Niger, au Bénin et au Nigeria.
Photo : © DDC

Niger : Combattre la faim et renforcer la résilience à l’approche nexus

Soulager la faim et garantir un accès équitable à une alimentation saine et équilibrée constituent un enjeu mondial majeur et une question essentielle pour la DDC. Les efforts déployés au Niger montrent comment les instruments de coopération internationale de la Suisse peuvent être efficaces sur le terrain grâce à « l’approche nexus ».

En Asie et en Afrique subsaharienne, près de 80  pour cent des terres cultivables sont exploitées par des petits agriculteurs, ce qui fait d’eux les principaux producteurs alimentaires.

C’est également le cas au Niger, pays du Sahel ouest-africain. En raison de problèmes conjoncturels et structurels, la situation alimentaire au Niger reste toujours précaire. Les causes de la crise alimentaire sont multiples et complexes. Depuis les années 1970, le pays a connu sept crises alimentaires importantes. Près de 80  pour cent de la population vit en milieu rural et plus de 60 pour cent de celle-ci vit en dessous du seuil de pauvreté.

Afin de pouvoir réagir aux situations d’urgence et de s’attaquer aux causes de façon durable et globale, une coopération étroite et simultanée entre aide humanitaire, coopération au développement et promotion de la paix s’impose.  

L’exemple du Niger illustre bien l’efficacité de l’imbrication des différents instruments de la coopération internationale de la Suisse, selon une méthode de travail en réseau.

«  Au Niger, le nexus est une façon de travailler qui permet de répondre aux multiples difficultés auxquelles le Niger doit faire face, dit Ibrahim Bâ, chargé de programme principal. «  Les populations vulnérables côtoient des populations moins vulnérables et les actions de développement et les actions d'urgence cohabitent – amenant ainsi les différents acteurs à travailler sur les deux aspects pour permettre aux uns et aux autres de se sortir d'affaire ».

Les sécheresses et les inondations sont des causes principales des crises alimentaires.

 Au Niger, les sécheresses et les inondations sont des causes principales des crises alimentaires. La situation est aggravée en raison des changements climatiques et de la croissance démographique aigüe. De plus, différents conflits liés d’une part à l’accès aux ressources naturelles et d’autre part aux attaques transfrontalières de groupes terroristes, aggravent les crises alimentaires.

Chaque année, plus de trois millions de personnes – soit près d’un cinquième de la population – vivent en insécurité alimentaire. La situation est particulièrement critique pendant la période de soudure, moment où les récoltes de l’année ont été consommées et les suivantes n’ont pas encore été effectuées.

Afin de réagir à ces crises et d’éviter les famines, la DDC soutient les interventions du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies. L’Organisation des Nations unies intervient dans deux domaines, à savoir l’aide d’urgence permettant de répondre aux besoins les plus pressants et les mesures visant à renforcer la résilience de la population en prévision de chocs futurs.

Dans la région de Diffa, à la frontière du Nigeria, 250 000 personnes souffrent de malnutrition et d’insécurité alimentaire aiguë. Elles ont été obligées de fuir en raison du conflit armé entre l’organisation terroriste Boko Haram et le gouvernement.

Afin de réagir à cette crise, la DDC soutient les interventions du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies ainsi qu’un projet d’Action contre la faim (ACF). Les deux organisations s’engagent dans le domaine de l’aide d’urgence pour couvrir les besoins les plus pressants, ainsi que dans le domaine de la résilience. L’aide d’urgence peut prendre la forme de distribution de nourriture ou d’argent permettant aux personnes dans le besoin d’acheter des biens de première nécessité.

Renforcement de la résilience

Parallèlement aux actions d’aide d’urgence, des mesures de renforcement de la capacité de résistance (ou de résilience) de la population locale en cas de crises ou de situations d’urgence futures sont nécessaires.

Au Niger, la Suisse contribue à sécuriser les couloirs de passage des troupeaux pour réduire les conflits entre les populations nomades et sédentaires.

Favoriser l’essor économique en améliorant la coexistence entre agriculteurs sédentaires et éleveurs nomades est une priorité du projet d’appui au secteur de l’élevage de la DDC au Niger, un pays vivant essentiellement du secteur agro-pastoral. La transhumance (70% des troupeaux) engendre des conflits récurrents, parfois meurtriers, et des pertes financières importantes. En cause : la pression sur les ressources naturelles provoquée par l’extension des terres cultivées, la forte croissance démographique et les changements climatiques. Victimes aussi de groupes armés dans le nord, les éleveurs nomades sont contraints de fuir avec leurs troupeaux.

Depuis plusieurs années, la DDC s’engage dans le développement et la sécurisation des espaces pastoraux, y compris dans les zones transfrontalières, en concertation avec les populations et les autorités locales. Elle soutient la consolidation du code rural et la mise en œuvre de l’ordonnance garantissant le droit à la mobilité pour les populations nomades. Les résultats sont tangibles : 2 000 hectares d’aires pastorales réhabilitées, 4 000 km de parcours balisés et répertoriés, plus de 100 puits cimentés, et la présence de commissions foncières gérant et prévenant les conflits. Ce dispositif est un modèle du genre à l’échelle du continent.

(DEZA/wi)

Pour en savoir plus :

Lien de la présentation sur le site web de la DDC