La sécurité alimentaire de quelque 700 millions d'Africains dépend du manioc.
Photo: © IITA/flickr.com

Manioc : un réseau de surveillance des maladies en Afrique

Vingt-huit organisations internationales viennent de s'associer pour mieux lutter contre les maladies du manioc en Afrique et ont formé le réseau PACSUN (Pan-African Cassava Surveillance Network).

La sécurité alimentaire de quelque 700 millions d'Africains dépend du manioc. Mais, sur le continent, deux viroses menacent dangereusement les cultures du tubercule : la mosaïque du manioc et la striure brune. Pour combattre ces maladies, 28 institutions internationales, fondations, centres de recherche, universités et ONG viennent de s'associer pour créer le réseau panafricain de surveillance du manioc (PACSUN pour Pan-African Cassava Surveillance Network). Selon le Centre français de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) l'avantage d'une telle organisation est de mettre en commun et de coordonner les très nombreuses initiatives locales concernant les maladies du manioc. Le lancement du réseau PACSUN est l'aboutissement d'un atelier international intitulé « Surveillance et contrôle des maladies du manioc en Afrique » qui a été organisé à La Réunion, du 10 au 13 juin dernier par le Cirad et l'IRD (Institut de recherche pour le développement) sous l’égide du GCP21 (Global Cassava Partnership for the 21st Century).

 

Selon un communiqué de presse du Cirad, qui est l’institut de recherche chef de file de l’Initiative, les acteurs du réseau vont se concentrer sur les deux principales maladies qui sévissent en Afrique. La mosaïque du manioc, présente sur tout le continent, réduit les rendements d'environ 25 pour cent en limitant la taille des racines. Plus insidieuse, la striure brune est très peu visible sur les feuilles, mais rend les tubercules tout bonnement inconsommables. Connus depuis longtemps en Afrique de l'Est, les virus responsables de la striure brune du manioc semblent aujourd'hui étendre leurs aires de distribution. « Si la maladie arrivait, par exemple, jusqu'au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique où le manioc est l'aliment de base, ce serait une terrible catastrophe », souligne Jean-Michel Lett, entomo-phytovirologue au Cirad, et explique, que le réseau PACSUN répond à un risque potentiel très grave D'autant qu'en Afrique, le manioc est de plus en plus central dans la sécurité alimentaire, notamment à la suite de la flambée des prix des céréales.

 

La priorité du réseau PACSUN est donc le suivi de la progression de la striure brune pour mettre en place des mesures limitant cette propagation. En parallèle, des outils de diagnostic simples et fiables seront développés et transmis aux différents partenaires africains du réseau via des formations. Selon Cirad, un site web sera créé pour mettre à disposition des données actualisées sur la répartition géographique des maladies du manioc. Cirad ajoute qu’un futur site d'assainissement de boutures devrait voir le jour à La Réunion, seule zone indemne de ces deux viroses. Jean-Michel Lett précise qu' « il sera nécessaire de prendre en compte la grande diversité de cultivars de manioc qui sont chacun adaptés aux goûts et aux utilisations spécifiques des diverses régions du continent africain. »

 

Les 28 partenaires du réseau PACSUN

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  • Organisations internationales : Global Cassava Partnership for the 21st Century (GCP21), Fondation Bill and Melinda Gates, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Centre international d’agriculture tropicale (CIAT), International Livestock Research Institute (ILRI, institut international de recherche sur l'élevage)
  • Biosciences eastern and central Africa (BecA).
  • Allemagne : Leibniz Institute DSMZ-German Collection of Microorganisms and Cell Cultures (DSMZ)
  • Angleterre : Natural Resources Institute (NRI), University of Greenwich
  • Burkina Faso : Institut de l'environnement et recherches agricoles (Inera)
  • Comores : Université des Comores
  • Côte d’Ivoire : Université de Nangui-Abrogoua, Université Félix Houphouet-Boigny (UFHB)
  • France : Centre français de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), Institut de recherche pour le développement 
  • (IRD)
  • Ghana : Crop Research Institute (CSIR, Biotech Lab Kumasi), University of Ghana
  • Kenya : African Agricultural Technology Foundation (AATF-Africa)
  • La Réunion : Université de La Réunion
  • Madagascar : Centre national de la recherche appliquée au développement rural (Fofifa)
  • Mali : Faculté des Sciences et Techniques (USTT)
  • Nigeria : International Institute for Tropical Agriculture (IITA), National Root Crops Research Institute (NRCRI)
  • Mozambique : Instituto Nacional de Investigacao Agronomica (INIA)
  • Ouganda : Association for strengthening Agricultural Research in Eastern and Central Africa (ASARECA)
  • République centrafricaine : Université de Bangui
  • Sénégal : Conseil Ouest et Centre Africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF/WECARD)
  • Tanzanie : Mikocheni Agricultural Research Institute (MARI)
  • Togo : Institut togolais de recherche agronomique
     

 

 

Pour en savoir plus:CIRAD