Les petits producteurs du continent africain perdent tous les ans un demi-million de tonnes de riz à cause de plantes parasites.
Photo: © Erik Cleves Kristensen/ flickr.com

Les riziculteurs africains sont confrontés à d’énormes pertes causées par les plantes parasites

Une équipe internationale de chercheurs représentant le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice), l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) et l’université de Wageningen a tiré la sonnette d’alarme sur l’immense impact économique des plantes parasites sur la production rizicole en Afrique.

Les petits producteurs du continent africain perdent tous les ans un demi-million de tonnes de riz estimé à près de 200 millions de dollars US à cause des plantes parasites.

Les plantes parasites font partie des adventices les plus problématiques et les plus destructives contre lesquelles il faut lutter.  « Lorsque ces plantes envahissent les cultures vivrières, elles deviennent des adventices tenaces » affirme Dr Jonne Rodenburg, agronome à AfricaRice et coauteur de l’article intitulé « Parasitic weed incidence and related economic losses in rice in Africa/Incidence des plantes parasites et pertes économiques associées sur le riz en Afrique ». Les espèces de plantes parasites les plus importantes du riz sont Striga asiatica, S. aspera, S. hermonthica et Rhamphicarpa fistulosa. Elles sont toutes endémiques à l’Afrique et peuvent également parasiter d’autres cultures céréalières telles que le maïs, le sorgho et le mil.

L’équipe de chercheurs représentant le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice), l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) et l’université de Wageningen  révèle que ces plantes parasites qui survivent en siphonnant l’eau et les éléments nutritifs des cultures hôtes, ont envahi 1,34 million d’hectares de riz pluvial en Afrique et il est estimé que le problème affecte 950 000 ménages ruraux. La gravité de ce problème s’accentue du fait de l’intensification de la production agricole et du changement climatique.

Les zones affectées par les plantes parasites des cultures sont les foyers des producteurs les plus pauvres de la planète. Les études d’AfricaRice et de ses partenaires ont révélé que les plantes parasites semblent affecter de façon prédominante les agricultrices en Afrique, car elles sont contraintes de cultiver le riz sur les parcelles les plus marginales et infestées par ces espèces de plantes parasites.

Les plantes parasites menacent la production rizicole dans au moins 28 pays qui cultivent le riz pluvial. Les pays les plus affectés sont le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Guinée, Madagascar, le Mali, le Nigeria, la Sierra Leone, la Tanzanie et l’Ouganda.
Les chercheurs affirment que ces parasites se propagent rapidement en riziculture pluviale et si rien n’est fait pour les arrêter, les dégâts vont augmenter de près de 30 millions de dollars par an.

Le riz est la seconde source plus importante de calories en Afrique. Il est également essentiel pour les ménages à petits revenus. La demande de riz augmente à un taux annuel de plus de six pour cent – plus rapidement que toute autre denrée de base en Afrique subsaharienne (ASS) – du fait du changement des préférences alimentaires des consommateurs et de l’urbanisation.

Jusqu’à présent, il y avait peu d’informations sur la propagation régionale et l’importance économique des plantes parasites du riz en Afrique. « Nous avons présenté dans cet article les meilleures estimations sur la répartition et les impacts agronomiques et économiques des plantes parasites du riz en Afrique, » a expliqué Dr Rodenburg. « En effet, il s’agit là de la première évaluation de l’impact des plantes parasites appartenant à plusieurs espèces et dans plusieurs pays en Afrique. »

L’importance de trouver des mesures de lutte efficaces contre ces ravageurs

Les connaissances acquises sur la répartition et l’impact agronomique et économique des plantes parasites du riz en Afrique soulignent l’importance de trouver des mesures de lutte efficaces contre ces ravageurs grâce à la recherche.

AfricaRice et ses partenaires entreprennent des recherches, et mettent au point des stratégies de gestion des plantes parasites qui sont abordables et réalistes pour les riziculteurs pauvres. « Une gamme de variétés de riz à haut rendement, à cycle court, et préférée des producteurs a été identifiée ayant une résistance ou tolérance à différentes espèces et écotypes de Striga, de même que des variétés ayant une bonne défense contre R. fistulosa, » a déclaré Dr Rodenburg.

Il a expliqué que de telles variétés peuvent être associées à différentes pratiques agronomiques, telles que le semis tardif (dans le cas de R. fistulosa) ou le semis précoce (dans le cas de Striga), et l’utilisation d’amendements organiques pour la fertilité du sol. Cultiver une légumineuse de couverture telle que le Stylosanthes guianensis et suivre l’approche zéro labour contribuent également à lutter efficacement contre le Striga, comme le montrent les expérimentations agronomiques menées par AfricaRice et ses partenaires.

(AfricaRice/wi)

Référence :

Jonne Rodenburg, Matty Demont,, Sander J. Zwart, Lammert Bastiaans: Parasitic weed incidence and related economic losses in rice in Africa
Agriculture
, Ecosystems and Environment 235 (306-317). Publication libre d’accès

Photo: Erik Cleves Kristensen/ Flickr.com