La coopérative laitière de Batoka en Zambie.
Photo: © IFAD/Siegfried Modola

Les producteurs laitiers africains souffrent de la surproduction dans l’Union européenne

Des ONG préviennent que la production excédentaire de lait par les agriculteurs européens crée des problèmes aux producteurs laitiers des pays en développement, notamment en Afrique de l’Ouest.

Comme l’ont fait remarquer les ONG Greenwatch et Misereor en mai 2016, la forte augmentation de la production de lait en Europe est la cause principale de l’accroissement massif de l’offre sur les marchés mondiaux et entraîne un effondrement des prix qui menace les moyens d’existence des producteurs laitiers.

Depuis 2011, la production de l’Union européenne a augmenté de 11 millions de tonnes. Rien qu’en Allemagne, la quantité de lait produite a progressé de 2,8 millions de tonnes pendant cette période. La production excédentaire s’est considérablement accélérée à la suite de la suppression des quotas laitiers en 2015. En revanche, la demande mondiale de lait a progressé nettement plus lentement.

L’Afrique et l’Europe doivent trouver des solutions conjointes

Sur le marché européen du lait, la situation est de plus en plus difficile pour les agriculteurs concernés mais les producteurs européens ne sont pas les seuls à être touchés. L’offre excédentaire représente notamment un danger pour de nombreux producteurs d’Afrique de l’Ouest qui ne sont pas en mesure de  concurrencer les importations bon marché (notamment celles de lait en poudre provenant de l’UE) et sont au bord de la ruine.

Pour élaborer des solutions conjointes à ce problème avec les producteurs de lait africains, leurs homologues du European Milk Board, des représentants de Misereor et de Germanwatch ainsi que des journalistes se sont rendus au Burkina Faso en mai/juin 2016 pour avoir des entretiens avec des membres de l’organisation PASMEP, initiative visant à soutenir les producteurs laitiers du Burkina Faso.

Les producteurs laitiers d’Afrique de l’Ouest ont besoin de mesures de protection

Pour toutes les organisations participantes, il a été clair qu’il fallait contrôler la production excédentaire de l’Europe ainsi que les exportations virtuellement illimitées vers l’Afrique de l’Ouest. Cela n’est pas possible sans un cadre politique approprié.

Les ONG appellent à une solution équitable pour les producteurs européens et africains et font valoir que l’UE doit utiliser des incitations financières pour encourager la limitation des volumes de lait produits. Parallèlement, toutes les réglementations d’exportation doivent être coordonnées avec les intérêts des producteurs d’Afrique de l’Ouest. Les ONG demandent également l’élaboration plus poussée de mesures à court terme permettant d’empêcher une crise en Europe, ainsi qu’un changement de stratégie visant à améliorer la qualité plutôt qu’à accroître le volume des exportations.


(Misereor/Germanwatch/ile)