L’envolée des prix de la nourriture menace la sécurité alimentaire dans les pays touchés par des crises et des conflits.
Photo : © WFP/Gabriela Vivacqua

Les pays en conflits face à l’envolée des prix alimentaires

Les personnes vivant dans des pays en conflits doivent payer des prix disproportionnellement élevés pour leur nourriture. L’indice Bouchées simples du WFP établit la relation entre les prix des aliments et le revenu dans de nombreuses régions du monde.

La nourriture est moins accessible que jamais dans les pays touchés par des conflits ou exposés à l‘instabilité politique, prévient le Programme alimentaire mondial des Nations unies (WFP) à la mi-octobre 2018.
 
À titre de référence, WFP a pris le coût d’un repas à New York (États-Unis). Un résident new-yorkais dépenserait 1,20 dollar US pour cuire une simple soupe ou un ragoût (par exemple des haricots ou des lentilles, une poignée de riz ou de céréales avec l’eau et l’huile). En revanche, un citoyen du Sud-Soudan devrait débourser plus de deux jours de revenu - l’équivalent new-yorkais de 348,36 USD - pour un repas similaire ; un résident du nord-est du Nigeria, 222,05 USD ; et un ressortissant yéménite, 62,37 USD.

Dans ces pays ou régions la famine est une menace imminente. Dans les trois cas, la hausse des coûts des produits alimentaires suit de près la trajectoire des conflits. Pour de nombreuses personnes, la survie ne serait pas possible sans l'assistance du WFP et d'autres partenaires.
 
Ce sont là les conclusions de la deuxième édition de l’indice Bouchées simples du WFP qui couvre 52 pays en développement. L'indice suppose un hypothétique revenu moyen par habitant identique dans le monde entier. Puis, il calcule le pourcentage que les gens doivent dépenser pour un repas de 600 kcal cuisiné chez eux. Il établit ensuite un prix théorique par rapport à ce revenu standardisé. Les chiffres du PIB quotidien par habitant ont été utilisés - ou, s’ils ne sont ni disponibles ni fiables, des chiffres de revenus personnels basés sur des données de versements et d’autres sources.
 
Dans de nombreux pays, l’accès à la nourriture mesuré de cette manière s'est en réalité améliorée depuis 2017. Cela pourrait être dû à la forte croissance économique, à une plus grande stabilité, une meilleure saison des pluies, ou comme dans le cas de l’Afrique australe, une assistance humanitaire permettant d’atténuer les effets d’une grave sécheresse.

Malgré tout, les coûts alimentaires restent souvent extrêmement disproportionnés par rapport au revenu. C’est le cas dans une grande partie de l’Afrique, ainsi que dans certaines régions d’Asie et, dans une moindre mesure, d’Amérique latine.

Les chiffres complets et l’analyse par pays pour les 52 pays étudiés sont disponibles sur le site Internet Counting the Beans index (en anglais) : wfp.org/plateoffood

(WFP/ile)