La réduction des déchets alimentaires contribuera à améliorer la sécurité alimentaire et à atténuer le changement climatique.
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Les déchets alimentaires contribuent au changement climatique

Selon des chercheurs de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK), la réduction des déchets alimentaires permettrait d’atténuer le changement climatique. Jusqu’à 14 pour cent de l’ensemble des émissions provenant de l’agriculture en 2050 pourraient facilement être évités en gérant mieux l’utilisation et la distribution des produits alimentaires.

Selon une étude publiée en avril 2016 par l’Institut de recherche sur les effets du changement climatique de Potsdam (Potsdam-Institut für Klimafolgenforschung, PIK), un dixième environ de l’ensemble des émissions mondiales de gaz à effet de serre provenant de l’agriculture serait imputable aux déchets alimentaires d’ici le milieu du siècle.

À l’heure actuelle, un tiers environ de la production alimentaire mondiale n’atterrit pas sur nos assiettes. Les analyses montrent que ce pourcentage augmentera considérablement si des pays émergents tels que la Chine et l’Inde adoptent des modes nutritionnels occidentaux. Le fait que la réduction des déchets alimentaires offrirait une chance de garantir la sécurité alimentaire est bien connu. En même temps, une telle réduction permettrait d’atténuer les risques liés aux changements climatiques. Les chercheurs ont analysé les types de physiologie et les besoins alimentaires dans le  passé et pour différents scénarios futurs en tenant compte de l’évolution démographique de même que de la demande et de la disponibilité d’aliments et des émissions associées.

Les émissions de gaz à effet de serre liées aux déchets alimentaires pourraient considérablement augmenter

Ils ont constaté que la disponibilité d’aliments a augmenté rapidement au cours des cinq décennies passées,  alors que la demande moyenne d’aliments par personne reste pratiquement constante au niveau mondial. La disponibilité d’aliments et le ratio des besoins présentent une relation linéaire avec le développement humain, ce qui indique que les pays plus riches consomment plus d’aliments que ce qui est bon pour la santé ou les gaspillent tout simplement. Par conséquent, les émissions de gaz à effet de serre liées aux déchets alimentaires pourraient augmenter de façon phénoménale et passer de 0,5 gigatonne à 1,9-2,5 gigatonnes de CO2 équivalent par année d’ici à 2050, démontre l’étude.

Des études précédentes ont déjà montré que les émissions provenant de l’agriculture pourraient à elles seules atteindre jusqu’à 18 gigatonnes de C02 équivalent d’ici à 2050 sous l’effet d’une croissance démographique incontrôlée et de l’évolution des modes de vie. Selon les auteurs de l’étude actuelle, les émissions liées aux déchets alimentaires sont juste la partie visible de l’iceberg. Cependant, il est un autre constat tout aussi étonnant, qui est que jusqu’à 14 pour cent de l’ensemble des émissions agricoles en 2050 pourraient facilement être évités grâce à une meilleure gestion de l’utilisation et de la distribution des aliments.

Selon les chercheurs, 1,3 milliard de tonnes d’aliments par année sont mis au rebut. Alors que les pertes alimentaires se produisent principalement dans les pays en développement du fait d’infrastructures agricoles moins efficaces, le gaspillage d’aliments est au contraire chose courante dans les pays riches.

Article : Hic, C., Pradhan, P., Rybski, D., Kropp, J.P. (2016): Food Surplus and Its Climate Burden. Environ. Sci. Technol. [DOI: 10.1021/acs.est.5b05088]

Étude précédente sur le sujet : Pradhan, P., Reusser, D., Kropp, J.P. (2013): Embodied greenhouse gas emissions in diets. PlosOne 8(5): e62228. [DOI: 10.1371/journal.pone.0062228]


(PIK/ile)