Dès lors qu'ils sont enregistrés, les Éthiopiens de Dolo Ado se voient allouer 8 à 10 litres d'eau par personne et par jour, qui doivent suffire à couvrir tous leurs besoins (boisson, cuisson et hygiène corporelle).
Photo: © Cate Turton / DFID

Les crises alimentaires continuent de frapper

Selon le « Rapport mondial sur les crises alimentaires », le nombre de personnes qui, dans le monde, se trouvent en situation d’insécurité alimentaire aiguë a de nouveau augmenté l’année dernière. Les conflits et les changements climatiques sont les principaux facteurs d’insécurité alimentaire.

Selon la dernière édition du Rapport mondial sur les crises alimentaires publié en mars 2018, environ 124 millions de personnes vivant dans 51 pays étaient en situation d’insécurité alimentaire de crise en 2017, soit 11 millions de plus que l’année précédente.

Cette augmentation est attribuable en grande partie à la multiplication des conflits nouveaux ou anciens et à l'aggravation de l'insécurité au Myanmar, dans le nord-est du Nigéria, en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud et au Yémen. Les sécheresses prolongées ont également été à l’origine de mauvaises récoltes consécutives dans les pays déjà confrontés à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire et de malnutrition en Afrique orientale et australe.

Le rapport est produit chaque année par un groupe de partenaires humanitaires internationaux comprenant notamment l'Union européenne, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM).

Il constate que les crises alimentaires sont de plus en plus déterminées par des causes complexes telles que les conflits, les chocs climatiques extrêmes et les prix élevés des denrées alimentaires de base, ces divers facteurs agissant souvent de manière concomitante.

Les conflits et les catastrophes climatiques sont les principaux moteurs de l’insécurité alimentaire.

Les conflits ont continué d'être le principal moteur de l'insécurité alimentaire aiguë dans 18 pays, dont 15 en Afrique et au Moyen-Orient. C'est la principale raison de la plupart des cas d'insécurité alimentaire aiguë dans le monde, représentant 60 pour cent du total mondial, soit 74 millions de personnes.

Les catastrophes climatiques - principalement la sécheresse - ont également été les principaux déclencheurs de crises alimentaires dans 23 pays, dont les deux tiers en Afrique, et ont plongé quelque 39 millions de personnes dans l'insécurité alimentaire aiguë.

Les conflits resteront probablement en 2018 un des principaux facteurs de crise alimentaire, touchant l'Afghanistan, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, le nord-est du Nigeria et la région du lac Tchad, le Soudan du Sud, la Syrie et le Yémen ainsi que la Libye et le Sahel central (Mali et Niger), selon le rapport.

Le Yémen continuera certainement d'endurer la plus grave crise alimentaire vu que la situation ne cesse de s'y détériorer, aggravée par la conjugaison de l'accès restreint aux denrées alimentaires, de l'effondrement économique et de la diffusion de maladies.

L'impact du climat extrêmement sec sur la production végétale et animale risque de renforcer l'insécurité alimentaire dans les zones pastorales de Somalie, du sud-est éthiopien et de l'est du Kenya et des pays de l'Afrique de l'Ouest et du Sahel, tels que le Sénégal, le Tchad, le Niger, le Mali, la Mauritanie et le Burkina Faso.

(IFPRI/ile)

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