Le projet NICE place les producteurs au centre du processus de décision.
Photo: ©Alice Kayibanda/Swiss TPH/Fairpicture

Le projet NICE de la Coopération suisse au développement

Les transitions agroécologiques nécessitent de profonds changements structurels impliquant divers acteurs qui peuvent avoir des intérêts différents et qui n'interagissent et ne coopèrent qu'à des degrés variables les uns avec les autres. Le projet « Nutrition in City Ecosystems » (NICE, nutrition dans les écosystèmes urbains), soutenu par la Direction suisse du développement et de la coopération (DDC), offre une plateforme aux autorités municipales, aux marchés et à la société civile, dans les secteurs de la santé et de l'agriculture.

Initialement axé sur six villes secondaires, le projet NICE renforce la gouvernance des systèmes alimentaires en soutenant la mise en place de plates-formes multisectorielles réunissant les autorités municipales, des entreprises locales, les marchés et la société civile dans les secteurs de la santé, de l'agriculture et de l'éducation, et resserre le lien entre la demande et la production d'aliments nutritifs produits de manière agroécologique. 

Le projet cible les zones urbaines et périurbaines de même que le bassin alimentaire des villes de Dinajpur et Rangpur, au Bangladesh, de Busia et Bungoma au Kenya, et de Rubavu et Rusizi au Rwanda.  

En s’alignant sur les priorités des villes concernées, le projet NICE a facilité un processus participatif pour identifier les chaînes de valeur à privilégier dans chacune d’entre elles et pour promouvoir le recours à des modèles d'activité sociaux innovants visant à accroître et à concilier la demande et la production. L’objectif est de créer un réseau dynamique de centres urbains qui traitent les problèmes concrets liés aux goulets d'étranglement du système alimentaire, puis à partager ces expériences et ces enseignements en vue de leur diffusion et d'une mise à l'échelle plus large. 

Faciliter la transition agroécologique dans les villes ciblées par le projet NICE


Les transitions agroécologiques nécessitent de profonds changements structurels impliquant divers acteurs qui peuvent avoir des intérêts différents et n'interagissent et ne coopèrent qu'à des degrés variables. Pour être en mesure de faciliter un tel changement, il faut comprendre le système agricole. En s’appuyant sur les résultats d'une analyse approfondie, le projet NICE a opté pour une approche à voies multiples pour introduire l'agroécologie dans les villes secondaires participantes.

Le projet a commencé par explorer les pratiques agroécologiques dans le bassin alimentaire de la ville ainsi que la manière dont les consommateurs perçoivent et comprennent l'agroécologie. Après la sélection initiale de la chaîne de valeur, une analyse approfondie a été réalisée afin d'établir des priorités supplémentaires. Cette analyse comprenait un examen de la valeur nutritionnelle des chaînes de valeur, de leur adéquation à la zone géographique, des opportunités agroécologiques et de leur potentiel de génération de revenus, ainsi que de la possibilité pour les agriculteurs et agricultrices de s'engager dans la production, la préparation ou la vente. 

Sur la base des résultats de ces étapes, il a été convenu qu’une approche à voies multiples serait adoptée pour l'introduction de l'agroécologie dans chacune des villes secondaires impliquées dans le projet NICE. 

L'approche à voies multiples


Dans un second temps, des représentants des petits exploitants agricoles ont été invités, à titre d'exemple, le 21 juillet à Rubavu, au Rwanda, à rencontrer les membres de la plateforme des systèmes alimentaires de la ville et à échanger avec eux. Cette plateforme est une structure multisectorielle composée principalement d'acteurs gouvernementaux (santé, nutrition, agriculture), ainsi que de représentants d'entreprises locales et de la société civile. L'attention s’est portée sur le possible déséquilibre de pouvoir entre les différents groupes, et sur la nécessité de placer les producteurs au centre du processus de décision.

Avec une modération prudente, un autre atelier multipartite a été organisé en août dernier pour réfléchir aux possibilités d'accroître la résilience des systèmes agricoles et pour cibler les besoins les plus urgents aux yeux des agriculteurs. Les discussions se sont ensuite portées sur la configuration des interventions pour chacune des chaînes de valeur autour de ces principales priorités, et à les définir en petits groupes. Cette participation active des parties prenantes de la chaîne de valeur à la prise de décision est considérée comme cruciale pour la mise à l'échelle des initiatives agroécologiques.

Impressions et prochaines étapes


La plupart des interventions proposées par les agriculteurs lors des ateliers susmentionnés portaient sur l'utilisation efficace des intrants, en lien avec le premier niveau des transitions agroécologiques. Dans la chaîne de valeur de la tomate, par exemple, l'utilisation de meilleurs paniers pour la collecte et le transport afin de réduire les déchets est une mesure permettant d’accroître l'efficacité des intrants et de limiter les intrants coûteux, rares ou nuisibles à l'environnement. 

Dans la filière du poisson, cet objectif peut se traduire par l'utilisation de filets de pêche plus performants, avec des ouvertures plus larges, afin de ne pas capturer les poissons en pleine croissance et de leur permettre de poursuivre leur croissance.

À l'avenir, le projet NICE continuera à travailler de manière exhaustive sur une approche multidimensionnelle afin de populariser l'agroécologie en sensibilisant les consommateurs et en créant un environnement propice à la mise en œuvre de ces pratiques par les producteurs, et surtout par les femmes et les jeunes parmi eux. La priorité accordée à la voix et à l'action des producteurs dans ce processus est considérée comme essentielle pour la transformation et la mise à l'échelle de l'agroécologie.

À propos du projet NICE


Le projet Nutrition in City Ecosystems (NICE, Nutrition dans les écosystèmes urbains) est soutenu par la Direction suisse du développement et de la coopération (DDC). Il est mis en œuvre et cofinancé par un partenariat public-privé suisse comprenant l'Institut tropical et de santé publique suisse, l'ETH Zürich, la Fondation Syngenta pour une agriculture durable.

Coordinatrice du projet NICE :
Helen Prytherch, Institut tropical et de santé publique suisse (Swiss TPH) Contact 
En collaboration avec les auteures suivantes de cette contribution :
Sophie van den Berg, consultante
Dominique Barjolle, chercheuse senior, ETH Zurich Contact

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