Madagascar est un des pays les plus touchés de la région.
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Le PAM met en garde contre une aggravation de la faim en Afrique australe

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, en Afrique australe, le déficit de pluie et l’infestation des récoltes menacent d’aggraver la faim dans toute la région, problème auquel sont exposés des millions de personnes, notamment les enfants.

En février déjà, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a prévenu que le double fléau que représentent une autre longue période de sécheresse et l’invasion de vers destructeurs de récoltes devrait fortement réduire la production agricole en Afrique australe et exposer des millions de personnes – des enfants, pour la plupart – à un grave problème de la faim. Cette mise en garde fait suite à une alerte lancée par des experts régionaux de sécurité alimentaire, selon laquelle « une pluviométrie irrégulière, des températures élevées et la persistance d’une infestation de légionnaires d’automne (spodoptera frugiperda)… devraient avoir de graves conséquences sur l’accès à une alimentation et une nutrition suffisantes » pendant les 12 à 15 mois à venir.

Selon l’alerte lancée par des responsables de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui compte 14 pays, du réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine (Famine Early Warning Systems Network – FEWSNET), d’agences des Nations unies et d’organisations non gouvernementales (ONG), les pays les plus touchés sont le Botswana, le Malawi, le Mozambique, le Zimbabwe, Madagascar, la Zambie et l’Afrique du Sud.

La vague de sécheresse, qui a commencé en octobre 2017, a entraîné un dépérissement des récoltes. Les pâturages ont également souffert et le manque d’herbe menace la survie des troupeaux de bétail. Les experts préviennent que même si on enregistrait des chutes de pluie supérieures à la moyenne dans les mois à venir, les dégâts causés aux récoltes seraient en grande partie irréversibles. « Alors que la région sort à peine de trois années de sécheresse très pénalisante due à El Niño, ce coup est particulièrement cruel », déclare Brian Bogart, conseiller régional du programme PAM. « Mais cela montre à quel point il est important de s’attaquer aux causes profondes de la faim et la malnutrition face à l’évolution des conditions climatiques. »

On craint une nouvelle augmentation du nombre de personnes de la région ayant besoin d’une aide alimentaire et nutritionnelle d’urgence – ce nombre, qui avait atteint un pic de 40 millions pendant l’épisode El Niño de 2014-2016, était retombé à 26 millions l’année dernière.

La communauté humanitaire collabore actuellement avec les gouvernements, la SADC et d’autres partenaires pour évaluer l’étendue des dégâts et leur impact probable sur les populations les plus exposées de la région.

(WFP/wi)

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