L’expansion des superficies destinées à la production agricole contribue considérablement à la déforestation tropicale au Brésil.
© Photo: ZEF/Uni. Bonn

Le génie génétique peut avoir un effet positif sur le climat

Une nouvelle étude de l’université de Bonn et du Breakthrough Institute (États-Unis) montre que les plantes génétiquement modifiées pourraient avoir une incidence positive sur l’environnement, et en particulier sur le climat. Les résultats prouvent que l’utilisation de telles plantes en Europe réduirait considérablement les émissions de gaz à effet de serre.

En agriculture, l’utilisation de plantes génétiquement modifiées (GM) reste un sujet controversé, surtout en Europe. Selon certaines études, nombreux sont ceux qui craignent qu’elles aient des effets négatifs sur la santé humaine et l’environnement.

Une nouvelle étude montre toutefois que les cultures génétiquement modifiées pourraient avoir une incidence positive sur l’environnement, et notamment sur le climat. Ses résultats donnent à penser que la culture de plantes GM dans l’Union européenne (UE) pourrait considérablement réduire les émissions de gaz à effet de serre. Réalisée par des chercheurs du Breakthrough Institute, aux États-Unis, et de l’université de Bonn, en Allemagne, cette étude a été publiée en février dans la revue « Trends in Plant Science ».

L’agriculture est responsable d’environ 25 pour cent des émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde. Une bonne partie de ces émissions est due à la production animale et à l’utilisation d’engrais. Cependant, plus d’un tiers des émissions d’origine agricole sont dues au changement d’utilisation des terres, notamment à la conversion de forêts et d’autres réserves naturelles en terres agricoles dans le but de répondre à l’accroissement de la demande mondiale en aliments destinées à la consommation humaine et animale. Selon le professeur Dr Matin Qaim, directeur de l’Institut de recherche pour le développement à l’université de Bonn, « le recours à de meilleures technologies pour accroître les rendements des terres déjà cultivées pourrait réduire ce changement d’utilisation des terres et les émissions qui lui sont associées. »

Certains types de cultures génétiquement modifiées – par exemple le maïs ou le soja GM – sont très pratiquées dans d’autres parties du monde, mais peu en Europe. « Les questions d’acceptation par le public et les obstacles politiques en sont les principales raisons, » précise Matin Qaim.

Dans la nouvelle étude, lui et ses collègues du Breakthrough Institute ont utilisé des données agricoles mondiales et des estimations des effets des cultures GM sur les rendements pour modéliser la façon dont l’adoption accrue de cette technologie dans l’UE affecterait la production, l’utilisation des terres et les émissions de gaz à effet de serre. Les estimations donnent à penser que le recours plus généralisé à des cultures génétiquement modifiées dans l’UE empêcherait la libération de 33 millions de tonnes d’équivalent CO2 dans l’atmosphère, ce qui correspond à 7,5 pour cent des émissions totales annuelles de gaz à effet de serre d’origine agricole dans l’Union européenne.

Un accroissement des rendements dans l’UE aurait une incidence mondiale
 

« La majeure partie des effets positifs sur le climat est attribuable à la réduction du changement d’utilisation des terres, » déclare la Dre Emma Kovak, du Breakthrough Institute, autrice principale de l’étude. La conclusion de l’équipe de chercheurs est la suivante : « L’UE importe des quantités considérables de maïs et de soja du Brésil, pays où l’expansion des terres agricoles contribue à la déforestation tropicale. Un accroissement des rendements en Europe pourrait réduire, en partie, ces importations et, ainsi, contribuer à préserver la forêt tropicale amazonienne. »

Les auteurs soulignent que dans leur analyse ils ne tiennent compte que des cultures génétiquement modifiées actuelles. « De nouvelles technologies génomiques sont actuellement utilisées pour créer un large éventail de nouvelles applications agricoles susceptibles d’offrir des avantages supplémentaires en matière d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à ce dernier, » déclare Matin Qaim. L’économiste agricole est membre de Transdisciplinary Research Area « Sustainable Futures » et du pôle d’excellence « PhenoRob – Robotics and Phenotyping for Sustainable Crop Production » à l’université de Bonn.

(ZEF/idw/wi)

Références : 

Kovak, E., Blaustein-Rejto, D., Qaim, M.: Genetically modified crops support climate change mitigation. Trends in Plant Science, février 2022.
 

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