Le Secrétaire d’État Friedrich Kitschelt, président du Conseil de surveillance, et Tanja Gönner, présidente du directoire de la GIZ, présentent le rapport annuel de la société.
Photo: © GIZ

Le fardeau de l’aide au développement s’alourdit

La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit peut se réjouir des bons résultats de l’exercice 2016. Mais les défis à venir sont grands.

La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), qui clôt l’exercice 2016 avec un chiffre d’affaires de 2,4 milliards d’euros, peut se réjouir de très bons résultats. Lors de sa conférence de presse annuelle, le 17 juillet à Berlin, la directrice du directoire, Tanja Gönner, s’est félicitée d’une augmentation de 220 millions des crédits alloués par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). La dotation totale reçue du BMZ s’élevait à 1,9 milliards d’euros et représentait la part la plus importante du budget de la GIZ, qui est active dans plus de 120 pays du monde pour la République fédérale d’Allemagne.

Entre 2010 et 2015, la GIZ a, dans plus de 120 pays, approvisionné 45 millions de personnes en eau potable, facilité l’accès à des services d’assainissement à 16 millions de personnes, créé des services de soins de santé pour 120 millions de personnes et organisé une protection de la santé pour plus de 300 millions de personnes.

Le défi de la fragilité

Ces chiffres impressionnants ne doivent pas faire perdre de vue les immenses défis qui devront encore être affrontés. 1,5 milliard de personnes vivent dans des États fragiles et la moitié des pays dans lesquels la GIZ est active sont considérés comme étant fragiles et instables. En l’absence de sécurité, la santé et la vie sont menacées, des infrastructures sont détruites ou ne sont pas construites, l’approvisionnement en denrées alimentaires est souvent interrompu. Selon le rapport annuel, « les progrès économiques sont retardés ».

Le seul remède aux conflits ouverts consiste à éteindre les foyers actuels. Sans un accord de paix en Syrie, il ne sera pas possible de mettre fin à la catastrophe humanitaire au Proche-Orient, regrette Gönner. Pendant ce temps, la GIZ devra s’efforcer de stabiliser les pays voisins. La GIZ s’emploie à donner une éducation aux enfants afin d’éviter que la jeune génération soit une « génération perdue ». La Jordanie, où l’eau est rare, doit répartir cette précieuse ressource sur un plus grand nombre de personnes. Les six millions d’habitants du Liban doivent accueillir et prendre soin d’un million de réfugiés supplémentaires. Même si les budgets sont plus importants, les tâches des organisations d’aide ne cesseront de croître tant que durera l’échec politique de la communauté mondiale.

Poser des jalons

L’Afrique est très souvent désignée comme étant le « continent des opportunités », mais cette situation peut vite se transformer en son contraire si les bonnes politiques ne sont pas adoptées rapidement. D’ici à 2050, la population doublera, note le Secrétaire d’État du BMZ et président du Conseil de surveillance de la GIZ, Friedrich Kitschelt. La moitié de la population aura moins de 25 ans et la moitié d’entre eux n’aura pas reçu d’éducation si des mesures en ce sens ne sont pas prises. « Éducation, formation, emploi », tels sont les trois axes prioritaires de la politique du BMZ pour l’Afrique. Pris isolément, ces domaines d’action ne peuvent avoir de résultats. Toute personne formée qui ne trouve pas de travail migrera là où des opportunités existent. C’est pourquoi les pays du G 20 ont, début juillet à Hambourg, appelé à la création 20 millions d’emplois par an dans leur document final pour l’Afrique.

L’Agenda 2030 montre la voie

Le fil conducteur des travaux de la GIZ au quotidien est l’Agenda 2030, explique Kitschelt. Les 17 Objectifs de développement durable reflètent l’étendue des tâches et activités de toutes les organisations de coopération au développement. Seules et sans l’aide de la politique mondiale, elles n’y parviendront cependant pas.

Roland Krieg, journaliste, Berlin/Allemagne