Sécheresse 2011 : Lac de Constance, Staad, Suisse.
Photo: © Kecko

Le développement d'ondes géantes dans l'atmosphère entraîne des conditions météorologiques extrêmes

Les scientifiques de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK) associent les conditions météorologiques extrêmes au développement d'ondes géantes dans l'atmosphère. La fréquence de ces événements pourrait être liée aux changements en cours dans l'Arctique.

Ces dix dernières années, nous avons assisté, l'été, à une augmentation sans précédent du nombre d'événements météorologiques extrêmes tels que la vague de chaleur record qui a été enregistrée en Europe de l'Est en 2010. Même s'il est possible d'attribuer l'augmentation progressive du nombre de vagues de chaleur au réchauffement mondial anthropique, la force et la durée extrêmes de ces événements sont plus difficiles à expliquer. Les scientifiques de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK) ont compulsé de grandes quantités de données météorologiques mondiales et en ont conclu qu'il existe un lien entre ces événements et le développement d'ondes géantes dans l'atmosphère. Les résultats de l'étude ont été publiés dans la revue Proceedings of the US National Academy of Sciences en juillet 2014.

La majeure partie des mouvements d'air enregistrés dans les latitudes moyennes prend la forme d'ondes atmosphériques qui serpentent autour du globe. Ces ondes sont appelées « ondes de Rossby ». Lorsque les ondes se dirigent vers le nord, elles aspirent de l'air chaud provenant des tropiques pour l'envoyer vers l'Europe, la Russie ou les États-Unis ; lorsqu'elles se dirigent vers le sud, le même phénomène se produit avec l'air froid provenant de l'Arctique. Dans certaines conditions de résonance spécifiques, des ondes inhabituellement lentes et extrêmement puissantes se développent dans l'atmosphère, ce qui entraîne des conditions météorologiques extrêmes sur terre. Une des principales conclusions de l'étude semble être que les événements de résonance de ce type sont devenus plus fréquents, sachant que leur nombre a presque doublé depuis 2000. 

Cette augmentation pourrait être liée aux phénomènes qui se déroulent dans l'Arctique. En effet, depuis l'an 2000, l'Arctique se réchauffe pratiquement deux fois plus vite que le reste de la planète. À mesure que les glaces fondent, la région est de moins en moins capable de renvoyer les rayons du soleil vers l’espace, puisque sa surface océanique plus sombre absorbe davantage l’énergie solaire. Conséquence de cette hausse des températures dans l'Arctique, la différence de température par rapport aux autres régions se réduit. Or, c'est cette différence de température qui est le principal facteur de mobilisation des courants-jets et qui détermine donc ce que seront les conditions météorologiques pour nous. 

Pour en savoir plus : 

Coumou, D., Petoukhov, V., Rahmstorf, S., Petri, S., Schellnhuber, H.J. (2014) : Quasi-resonant circulation regimes and hemispheric synchronization of extreme weather in boreal summer. Proceedings of the US National Academy of Sciences (PNAS) [DOI: 10.1073/pnas.1412797111]: 


(PIK/ile)