Les rendements du maïs devraient diminuer de près d’un quart d’ici la fin du siècle.
Photo : ©Shutterstock/venusvi

Le changement climatique va perturber l’agriculture mondiale au cours de la prochaine décennie

Selon une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de la NASA et de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK), et dans le cadre d’un scénario de fortes émissions de gaz à effet de serre, le changement climatique pourrait affecter la production de maïs et de blé dès 2030. Selon les prévisions, les rendements du maïs devraient diminuer de 24 pour cent, alors que ceux du blé pourraient augmenter d’environ 17 pour cent.

De nouvelles simulations informatiques réalisées par des chercheurs de la NASA et de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK) prédisent d’importants changements des conditions de culture qui auront des conséquences sur la productivité des récoltes majeures dès ces dix prochaines années si la tendance au réchauffement de la planète se poursuit. 

Les rendements du maïs devraient diminuer de près d’un quart d’ici la fin du siècle alors que ceux du blé pourraient augmenter d’environ 17 pour cent. Les actuelles régions considérées comme des « greniers à blé » vont connaître d’importants changements bien plus tôt que prévu, ce qui va obliger les exploitants agricoles du monde entier à s’adapter, dès maintenant, aux nouvelles réalités climatiques.  

« Nous constatons que dans de plus en plus de régions les nouvelles conditions climatiques écartent les rendements agricoles de leurs valeurs normales. Les émissions de gaz à effet de serre résultant des activités humaines entraînent une hausse des températures, une modification des régimes des pluies et un accroissement des quantités de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Cela a des conséquences sur la croissance des cultures et nous constatons que le nouveau signal de changement climatique – le moment où les années extraordinaires deviennent la norme – se manifestera au cours de la prochaine décennie, ou peu après, dans de nombreuses régions considérées comme « les greniers à blé » du monde, » explique Jonas Jägermeyr, auteur principal de l’étude, modélisateur agricole et climatologue à l’Institut Goddard pour les études spatiales de la NASA (GISS), Earth Institute de l’université Columbia, à New York, et à l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK). « Par conséquent, les exploitants agricoles vont devoir s’adapter bien plus rapidement, par exemple en modifiant les dates des semis ou en utilisant différentes variétés pour éviter des pertes sévères, mais aussi pour réaliser des gains dans les régions à plus haute altitude. »

Baisse des rendements de maïs, augmentation de ceux du blé 


En associant un ensemble de nouvelles projections climatiques et divers modèles agricoles de pointe, l’équipe de chercheurs a créé l’ensemble le plus important de projections des rendements à partir d’aujourd’hui. Ils ont déjà constaté des changements considérables dans un futur très proche et dans toutes les régions agricoles les plus importantes.   

Le maïs est cultivé à diverses altitudes, y compris dans les pays sous-tropicaux et tropicaux où l’augmentation des températures sera plus néfaste que dans les régions moins chaudes de haute altitude. Il est possible qu’en Amérique du Nord et en Amérique centrale, en Afrique de l’Ouest, en Asie centrale et en Asie de l’Est, les rendements de maïs diminuent de plus de 20 pour cent dans les années à venir. 

Le blé, qui se plaît mieux sous les climats tempérés, peut, de son côté, voir sa productivité augmenter dans les zones actuellement cultivées et exposées au changement climatique, y compris dans le nord des États-Unis, au Canada et en Chine.

Accroissement des inégalités existantes 


« L’examen des données montre clairement que c’est dans les pays les plus pauvres que les rendements des principales cultures vivrières ont le plus de chances de diminuer. Cela vient s’ajouter aux différences actuelles en matière de sécurité alimentaire et de santé, » déclare Christoph Müller, co-auteur et, également, chercheur à l’Institut de Potsdam. Il est important de noter que l’amélioration des rendements du blé dans l’hémisphère nord ne compense pas la diminution de ceux du maïs dans l’hémisphère sud. Les pays pauvres et, bien entendu, les petits exploitants agricoles concernés eux-mêmes, n’ont souvent pas les moyens de se procurer des produits alimentaires sur le marché mondial. Le changement fondamental des tendances de la production agricole pourrait donc, dans certaines régions, constituer un risque pour la sécurité alimentaire, alors que d’autres régions pourraient y gagner.

La température n’est pas le seul facteur intervenant dans les futurs rendements agricoles. L’augmentation des niveaux d’oxyde de carbone dans l’atmosphère a un effet positif sur la croissance des cultures, notamment en ce qui concerne le blé. Toutefois, elle peut également réduire leur valeur nutritionnelle. Le réchauffement de la planète est également lié avec la modification de la pluviométrie ainsi qu’avec la fréquence et la durée des vagues de chaleur et des périodes de sécheresse, qui sont elles-mêmes des menaces pour la santé des cultures et leur productivité. « Même dans les scénarios optimistes de changement climatique, selon lesquels les sociétés consacrent des efforts ambitieux à la limitation du réchauffement de la planète, l’agriculture mondiale est confrontée à une nouvelle réalité climatique, » a conclu Jonas Jägermeyr.

(PIK/NASA/wi)

Article: Jonas Jägermeyr, Christoph Müller, Alex Ruane et al. (2021): Climate change signal in global agriculture emerges earlier in new generation of climate and crop models. Nature Food [DOI: 10.1038/s43016-021-00400-y]

Vidéo sur les résultats de l’étude

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