Le Fonds vert pour le climat soutient les efforts d’afforestation des communautés du Nicaragua en dédommageant les pertes de rendement.
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L’Allemagne va accroître sa contribution au Fonds vert pour le climat

Lors de 24ème conférence mondiale pour le climat de Katowice/Pologne, le gouvernement fédéral allemand a annoncé qu’il allait doubler sa contribution au Fonds vert pour le climat (FVC), qui s’élève donc désormais à trois milliards d’euros. Avec cette contribution, le gouvernement fédéral soutient la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat et un effort conjoint mondial de lutte contre le changement climatique.

Représentant le gouvernement fédéral allemand, la ministre de l’Environnement, Svenja Schulze, et le ministre du Développement, Gerd Müller, ont annoncé qu’ils doublaient la contribution du pays (actuellement de 1,5 milliard d’euros) au Fonds vert pour le climat. Gerd Müller a souligné que la lutte contre le changement climatique était une question de survie pour l’humanité et que la conférence sur le climat de cette année devait entraîner un changement de tendance. « Nous devons mettre en œuvre les dispositions de l’Accord de Paris de manière cohérente et contraignante et, au-delà, nous devons investir dans la protection internationale du climat, » a-t-il déclaré. « Car ce sont les pays les plus pauvres qui subissent le plus durement les conséquences du changement climatique. »

Le FVC dispose de 7,3 milliards de dollars US. Il a déjà soutenu 93 projets. De nombreuses autres propositions de projets ont été faites, mais en raison du manque de fonds il ne sera plus possible d’approuver le soutien de nouveaux projets à partir du milieu de 2019. C’est pourquoi il a récemment été décidé de réapprovisionner le Fonds.

Comme l’a annoncé le gouvernement fédéral à Katowice, l’Allemagne est le premier pays à déclarer vouloir affecter une somme concrète au renflouement du Fonds. Le FVC soutient les mesures d’atténuation et d’adaptation dans les pays en développement et les pays émergents. Parmi les mesures financées, citons d’adoption des énergies renouvelables à grande échelle, la mise en œuvre de concepts de mobilité respectueux du climat et la mise en place de systèmes d’alerte précoce en cas de conditions atmosphériques extrêmes. Un intérêt particulier est accordé aux pays les moins avancés (PMA), aux petits États insulaires et aux pays africains.

La décision de l’Allemagne veut servir d’exemple aux autres pays car, à partir de 2020, la communauté internationale veut consacrer annuellement 100 milliards de dollars US à l’adaptation au changement climatique dans l’hémisphère sud.

Inviter le secteur privé à contribuer, lui aussi

Par exemple, le FVC envisage de faire appel aux capitaux privés pour financer les assurances risques et soutenir des projets. Des entreprises pourraient soutenir les activités d’organisations non gouvernementales locales avec des certificats d’indemnisation.

Au Nicaragua, le projet « Primaklima » est un exemple de mesure efficace. Il soutient les efforts d’afforestation de la communauté nicaraguayenne de San Juan de Lima. Selon l’organisation « PrimaKlima », environ la moitié de la forêt tropicale du Nicaragua a été détruite pour cultiver le coton dans les années 1950. L’érosion du sol et l’utilisation excessive de pesticides ont gravement endommagé l’environnement. Selon les organisations, le pastoralisme récemment introduit est atypique pour la région et a empêché de recourir à la reforestation.

Toutefois, les experts assurent que la reforestation est nécessaire pour améliorer la capacité du sol à retenir l’eau, ce qui permettrait de mieux faire face aux périodes de sécheresse. Mais l’afforestation n’intéresse par les agriculteurs car il faut bien plus de temps pour pouvoir exploiter une forêt qu’un pâturage. Les agriculteurs reçoivent donc un dividende « écosystème » pendant les dix premières années pour compenser la perte de rendement. Plus tard, ils doivent pouvoir gagner leur vie en pratiquant la foresterie durable.

(BMZ/roro/wi)