Des recherches sur le coronavirus MERS ont permis de constater que les camélidés étaient la première source animale d’infection chez l’homme

Des recherches sur le coronavirus MERS ont permis de constater que les camélidés étaient la première source animale d’infection chez l’homme.
Photo: © LMU

La vaccination des camélidés réduit à la source la menace que fait peser le MERS

Une équipe de chercheurs allemands et néerlandais a réussi à immuniser des dromadaires contre le virus du MERS. Comme les camélidés semblent constituer le principal réservoir du virus, le vaccin devrait également réduire les risques d’épidémie chez l’homme.

Récemment découvert, le coronavirus aujourd’hui appelé MERS (pour Middle East Respiratory Syndrome, ou syndrome respiratoire du Moyen-Orient) est la cause d’une maladie respiratoire infectieuse qui peut être mortelle pour l’homme. On pense que ce virus est essentiellement transmis à l’homme par contact avec des dromadaires. Des chercheurs de l’Université Ludwig-Maximilian de Munich/Allemagne, de l’Université de médecine vétérinaire de Hanovre/Allemagne et du Centre médical Erasmus de Rotterdam/Pays-Bas ont testé avec succès un vaccin expérimental contre le MERS, chez les camélidés. Les résultats de la vaccination expérimentale ont été publiés dans la revue « Science » en janvier 2016.

Gerd Sutter, titulaire de la chaire de virologie à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université Ludwig-Maximilian, est actuellement engagé dans un projet visant à valider le vaccin expérimental MVA-MERS-S élaboré dans son laboratoire et destiné à des essais cliniques chez l’homme. À ce jour, il n’existe aucun vaccin capable de protéger l’homme d’une infection par le virus MERS.

Le nouveau vaccin, MVA-MERS-S, a été mis au point par Sutter et son équipe il y a deux ans. En collaboration avec des chercheurs de l’Université Philipps de Marbourg/Allemagne et avec l’équipe de chercheurs de Rotterdam, il a introduit un gène de protéine de spicule du virus MERS dans le génome d’une souche affaiblie de poxvirus (MVA). Les particules de poxvirus modifié ainsi obtenues ont exprimé la protéine du MERS à la surface des cellules infectées et ce sont ces virus modifiés qui constituent la base du nouveau vaccin. Plusieurs données préliminaires obtenues au cours des deux dernières années ont confirmé l’immunogénicité et l’efficacité du MVA-MERS-S chez la souris. Les chercheurs décrivent actuellement les résultats du premier test de vaccination directe sur les camélidés.

Le virus MERS a été identifié pour la première fois en Arabie Saoudite en 2012. À ce jour, environ 1 400 cas d’infection par le virus MERS ont été déclarés et un tiers ont été mortels. Les principaux animaux porteurs de ce virus sont les dromadaires, comme l’attestent la détection d’anticorps antiviraux et la présence de particules de MERS dans la cavité nasale des animaux infectés. Bien que les camélidés infectés par le virus  aient des symptômes relativement bénins, tout porte à croire qu’ils peuvent transmettre le pathogène à l’homme, qui peut ensuite le transmettre à d’autres humains. Pour les chercheurs, la vaccination des camélidés contre le virus MERS est donc une méthode évidente de choix de prévention de l’infection chez l’homme. L’immunisation efficace des camélidés priverait le virus de ses principaux porteurs et romprait la chaîne de transmission, ce qui minimiserait efficacement le risque d’épidémie du virus MERS dans les populations humaines.

Des essais cliniques chez l’homme sont maintenant prévus

Le vaccin MVA-MERS-S peut également être utilisé pour immuniser les humains. Grâce aux tests réalisés à ce jour, le vaccin répond déjà à bon nombre des conditions les plus importantes qu’il doit remplir avant d’être utilisé pour des essais cliniques chez l’homme. Gerd Sutter mène actuellement un projet intitulé GMP manufacture and Phase I clinical investigation of MVA-MERS-S, an experimental prophylactic vaccine against the Middle East Respiratory Virus Syndrome (bonnes pratiques de fabrication et recherche clinique de phase I sur le MVA-MERS-S, un vaccin prophylactique expérimental contre le syndrome respiratoire du Moyen-Orient) au Centre allemand de recherche sur les infections qui remplit les conditions nécessaires à la réalisation des premiers tests de vaccination sur l’homme.

Selon les chercheurs, il n’existe à ce jour aucun vaccin expérimental susceptible d’être utilisé en cas d’épidémie à grande échelle. Il y a seulement quelques mois de cela, au début de l’été 2015, plus de 180 personnes ont été infectées par le MERS en Corée du Sud. L’enquête sur l’origine de l’épidémie a permis d’établir qu’elle était due à un unique porteur récemment rentré du Moyen-Orient. À ce jour, toutes les infections confirmées chez l’homme ont été liées, directement ou indirectement, à cette partie du monde ; c’est pourquoi  on appelle coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) le pathogène responsable de l’infection.

(LMU-Munich/wi)

Pour en savoir plus (en anglais):

Bart L. Haagmans et al. : An orthopoxvirus-based vaccine reduces virus excretion after MERS-CoV infection in dromedary camels

Jamal S. M. Sabir et al. : Co-circulation of three camel coronavirus species and recombination of MERS-CoVs in Saudi Arabia

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