Les technologies numériques peuvent favoriser l’inclusion, l’efficacité et l’innovation.
Photo: © NCVO Londres (flickr)

La révolution numérique reste hors de portée du plus grand nombre

Selon le Rapport sur le développement dans le monde 2016, six milliards de personnes n’ont toujours pas accès à l’internet haut débit à large bande, quatre milliards sont totalement coupées du web, deux milliards ne possèdent pas de téléphone mobile et 0,4 milliard vivent dans des zones qui ne reçoivent pas de signaux mobiles. Moins d’un tiers des personnes vivant dans des pays en développement ont accès à l’internet.

Selon le Rapport sur le développement dans le monde 2016 : les dividendes du numérique, publié par la Banque mondiale en janvier 2016, la révolution numérique reste hors de portée de la grande majorité de la population mondiale. Globalement, 60 % de la population mondiale n’ont toujours pas accès à l’internet et seulement 15 % peuvent se permettre une connexion haut débit. Près de quatre cinquièmes de la population mondiale sont équipés de téléphones mobiles, qui représentent la principale forme d’accès à l’internet dans les pays en développement.

Il n’en reste pas moins que près de 2 milliards de personnes ne possèdent pas de téléphone mobile.  Le taux de pénétration de la téléphonie mobile est le plus faible en Afrique sub-saharienne (73 %) contre 98 % dans les pays à revenu élevé.  La situation est pire en ce qui concerne l’internet, puisque 31 % seulement de la population des pays en développement y avaient accès en 2014 contre 80 % dans les pays à revenu élevé.  

L’écart des taux d’adoption de l’internet se creuse entre les populations rurales et urbaines

La fracture numérique au sein des pays peut être aussi importante qu’entre les pays. Dans le monde, près de 21 % des ménages parmi les 40 % de la population située au bas de l’échelle des revenus de leur pays n’ont pas accès à un téléphone mobile, et 71 % sont coupés du web. Les écarts entre les 40 % les plus pauvres et les 60 % les plus riches et entre les populations rurales et urbaines se réduisent pour les téléphones mobiles, mais se creusent pour l’internet. En Afrique, la fracture numérique entre les groupes démographiques reste considérable. Les femmes ont moins de chances que les hommes d’utiliser ou de posséder des outils numériques, et l’écart est encore plus marqué entre les jeunes et les plus de 45 ans.

L’augmentation des opportunités pour les pauvres a été moindre que prévu

Les technologies numériques peuvent favoriser l’inclusion, l’efficacité et l’innovation. Plus de 40 % des adultes en Afrique de l’Est payent leurs factures de services d’utilité publique  à partir d’un téléphone mobile. Huit millions d’entrepreneurs chinois, dont un tiers de femmes, peuvent utiliser une plateforme de commerce électronique pour vendre leurs produits sur le marché national et les exporter  dans 120 pays. L’Inde est parvenue en cinq ans à étendre un système d’identification numérique à une population d’un milliard d’habitants, à accroître l’accès et à réduire ainsi la corruption dans les services publics. Et, dans les services publics de santé, de simples messages SMS se sont avérés efficaces pour rappeler aux patients infectés par le VIH de prendre les médicaments nécessaires pour les maintenir en vie.

Malgré ces nombreux excellents exemples, l’impact des technologies sur la productivité mondiale, sur l’augmentation des chances et opportunités pour la classe pauvre et moyenne et sur la diffusion d’une gouvernance responsable est resté en deca des attentes selon le rapport.

Author: (The World Bank/ile)