En Afrique sub-saharienne, les femmes sont souvent confinées à l’agriculture à petite échelle.
Photo: © IFAD/Clarissa Baldin

La productivité des fermes exploitées par des femmes est faible en raison des désavantages auxquels elles sont confrontées

Selon une nouvelle étude de la Banque mondiale, les femmes ont difficilement accès au crédit et il leur est plus difficile d’engager des ouvriers agricoles. C’est ce qui explique que les fermes exploitées par des femmes sont en moyenne 44 pour cent moins productives que celles qui le sont par des hommes.

Les agricultrices souffrent du double désavantage de ne pas avoir accès au financement et à la main d’œuvre, ce qui explique que leurs exploitations sont bien moins productives que celles des agriculteurs.

Une étude de la Banque mondiale intitulée The gender gap in agricultural productivity: the role of market imperfections (la différence de traitement entre les hommes et les femmes et la productivité agricole : rôle des imperfections du marché) et publiée en août 2015 dans la revue des études de développement (Journal of Development Studies) montre qu’au Malawi, en raison de l’accès limité qu’elles ont au crédit, les femmes propriétaires d’une exploitation agricole doivent trouver du travail à l’extérieur pour mobiliser les capitaux nécessaires au financement de moyens (équipements et engrais) qui leur permettraient d’améliorer leur productivité. Malheureusement, en raison de la discrimination de genre sur le marché du travail, elles sont souvent incapables de trouver du travail suffisamment rémunéré pour se permettre ce financement.

En conséquence, dans les exploitations gérées par des femmes, la productivité du travail est en moyenne de 44 pour cent inférieure à celle des exploitations gérées par des hommes, ce qui, pour les femmes, constitue un désavantage économique considérable.

Selon les auteurs de l’étude, il est crucial de s’attaquer aux obstacles socioculturels qui empêchent les femmes d’améliorer leur exploitation agricole car les faibles revenus dont elles disposent nuisent à la santé, l’éducation et l’alimentation des membres de leur famille.

L’étude indique qu’en Afrique sub-saharienne, les femmes sont souvent restreintes à pratiquer l’agriculture à petite échelle dans la mesure où il est plus difficile pour elles que pour les hommes de trouver un travail rémunéré lorsqu’elles sont divorcées, veuves ou célibataires. Elle montre que compte tenu des désavantages auxquels les femmes sont confrontées sur le marché, leurs parcelles sont plus petites et elles utilisent moins d’engrais chimiques. Par ailleurs, il leur est plus difficile d’engager des ouvriers agricoles. Des travaux physiques pénibles tels que le labourage peuvent poser des problèmes lorsque les femmes n’ont pas les moyens de se faire aider ou de trouver des hommes voulant bien travailler pour elles.


Étude:  The gender gap in agricultural productivity: the role of market imperfections 


(Sumita Thapar SciDev.Net/ile)