La plupart des pays africains devraient connaître une croissance économique

Selon un nouveau rapport publié par l’IFPRI, en 2050, l’Afrique ne devrait plus compter qu’un pays à faible revenu. Les importantes lacunes en matière d’infrastructure, le changement climatique, l’accélération rapide de l’urbanisation et une démographie galopante marquée par la jeunesse de la population sont autant de facteurs qui auront une influence sur le futur rythme de croissance des pays africains.

Selon le rapport annuel sur les tendances et les perspectives (Annual Trends and Outlook Report – ATOR) publié en septembre 2015 par le système régional d’analyse stratégique et de gestion des connaissances (Regional Strategic Analysis and Knowledge Support System – ReSAKSS), programme soutenu par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), la plupart des pays africains aujourd’hui considérés comme des pays à faible revenu seront, d’ici une quinzaine d’années, des pays à revenu moyen et d’ici 2050, tous sauf un auront atteint ce statut.

Depuis quelques années, l’Afrique connaît une croissance économique. Toutefois, cette amélioration n’est pas suffisante pour compenser les dizaines d’années de stagnation économique ayant précédé la reprise économique. Et par ailleurs, les avantages de cette croissance ne sont pas encore retombés sur l’ensemble de la population.

Selon le rapport, l’Afrique sub-saharienne devrait connaître une croissance plus soutenue de son PIB par habitant d’ici à 2030 et à 2050.  Certaines tendances devraient avoir une influence sur la trajectoire des économies africaines, à savoir :

  • une plus grande volatilité des prix des denrées alimentaires et de l’énergie ;
  • l’accélération de l’urbanisation, l’accroissement des revenus et la montée d’une classe moyenne ;
  • l’accroissement rapide de l’entrée des jeunes sur le marché du travail ;
  • une plus grande variabilité climatique, et
  • le fait que l’agriculture constitue la première source d’emploi.


D’ici à 2050, le changement climatique entraînera une augmentation de 25 pour cent du prix des céréales par rapport à un scénario faisant abstraction de toute changement climatique.

L’accélération de l’urbanisation et la montée d’une classe moyenne entraînent une évolution de l’alimentation des Africains. Cinquante pour cent de la population africaine devrait vivre en zones urbaines d’ici à 2020. Les aliments transformés représentent aujourd’hui une part considérable des achats alimentaires, même pour les pauvres vivant en milieu rural. Initialement d’origine céréalière, l’alimentation s’est également diversifiée au profit de l’horticulture, des produits laitiers, de la viande, du poisson et des légumineuses.

En Afrique, le changement structurel contribue à améliorer la productivité. Le secteur informel des biens et services (par ex. les biens d’équipement pour la maison, la production artisanale et la transformation des denrées alimentaires) se développe progressivement et doit jouer un rôle important relativement à l’accélération de la croissance et au développement de l’industrialisation. En Afrique, l’industrialisation a été faible et a peu contribué à la croissance récemment constatée. Une nouvelle stratégie industrielle doit mettre l’accent sur l’investissement dans l’infrastructure, notamment au niveau des transports, de l’énergie et de l’approvisionnement en eau.


Lire le rapport sur le site web du programme ReSAKSS (en anglais)


(IFPRI/ile)