Cueillette du thé au Mont Goalpara, Java. Le thé porte le label « Goalpara tea ».
Photo : © J. Micaud / FAO

La labellisation avec une indication géographique est payante

Selon une nouvelle étude de la FAO, l’étiquetage avec le lieu d’origine augmente considérablement le prix d’un produit, ce qui pourrait être mis à profit pour stimuler les économies locales et le développement durable.

Les produits alimentaires étiquetés en indiquant leur lieu d'origine apportent des avantages économiques et sociaux aux zones rurales et contribuent au développement rural. C’est la conclusion d’une nouvelle étude intitulée « Renforcer les systèmes alimentaires durables grâce à des indications géographiques », publiée en avril 2018 par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

Selon cette étude, la valeur marchande annuelle des produits alimentaires labellisés avec une indication géographique (IG) s'élève à plus de 50 milliards de dollars à l’échelle mondiale. De tels produits ont des caractéristiques spécifiques, des qualités ou encore ont réussi à se faire une réputation à partir de leur origine géographique.

Augmentation considérable des prix de vente

Les chercheurs ont analysé l'impact économique de l'indication géographique dans neuf études de cas : le café colombien, le thé Darjeeling (Inde), le chou Futog (Serbie), le café Kona (États-Unis), le fromage Manchego (Espagne), le poivre de Penja (Cameroun), le safran Taliouine (Maroc), le fromage Tête de Moine (Suisse) et le vin Vale dos Vinhedos (Brésil).

Ils ont constaté dans les neuf cas que l'indication de l'origine permettait de considérablement augmenter le prix du produit final, avec une valeur ajoutée variant entre 20 et 50 pour cent. L'une des raisons est que les consommateurs identifient des caractéristiques uniques - à savoir le goût, la couleur, la texture et la qualité - chez les produits signalés par une indication géographique et, par conséquent, sont prêts à payer plus cher.

Établir le lien entre les produits, leur environnement naturel et les ressources culturelles

L'étiquetage des produits selon leur origine a des implications qui vont au-delà des gains économiques. Les producteurs locaux et les transformateurs au cœur du processus d'étiquetage aident à rendre les systèmes alimentaires plus inclusifs et plus efficaces.

Ensemble, les producteurs développent les spécificités des produits, assurent la promotion et protègent l'étiquetage d'origine. La création de tels étiquetages stimule également le dialogue entre secteur public et privé, tandis que les autorités publiques sont souvent associées, de manière étroite, au processus d'étiquetage et de certification.

Certains obstacles doivent être pris en compte

L'étiquetage avec une indication géographique repose sur les lois et réglementations définies par chaque pays. Au niveau international, les étiquetages sont réglementés et protégés par l'Accord des TRIP, un accord multilatéral sur les droits de propriété intellectuelle reconnu par tous les membres de l'Organisation mondiale du commerce.

L'étude reconnaît qu'il existe un certain nombre d’obstacles que les producteurs doivent prendre en compte avant de demander un étiquetage d'origine. Par exemple, certains petits producteurs et producteurs traditionnels peuvent être exclus si les spécificités du produit le rendent trop industrialisé ou si leur prix de fabrication est finalement trop coûteux, notamment au niveau de l'emballage.

Le rapport insiste aussi sur l'importance de tenir compte des impacts environnementaux, ainsi les spécificités du produit doivent inclure des mesures visant à lutter contre la surexploitation des ressources naturelles.

(FAO/ile)

En savoir plus:

l'étude de la FAO Strengthening sustainable food systems through geographical indications (en anglais)