La coopération suisse au développement (CSD) met l’accent sur l’amélioration du réseau routier dans la région de la CEDEAO.
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La DDC: La coopération transfrontalière en Afrique de l’Ouest

Avec son « Programme de coopération transfrontalière locale », la Suisse soutient l’aménagement du territoire transfrontalier. Dans la zone frontalière entre le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, les besoins urgents d’infrastructure font actuellement l’objet d’investissements.

Entre les États d’Afrique de l’Ouest, de nombreuses frontières ont été tracées de manière aléatoire par les puissances coloniales. Ces frontières sont encore perçues comme des obstacles par les populations locales actuelles. Les frontières restreignent la liberté de circulation des personnes et des biens et freinent l’intégration régionale. Elles ont également un impact négatif sur le développement économique des régions. 

C’est pourquoi le « Programme de coopération transfrontalière locale » (PCTL), qui bénéficie du soutien de la Suisse, encourage l’intégration transfrontalière régionale, en coopération avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). À cette fin, dans un premier temps, une région de 165 000 kilomètres carrés, comptant plus de 7,5 millions d’habitants et située entre le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, a fait l’objet d’une étude portant sur l’agriculture, l’éducation et la formation, ainsi que sur les soins de santé. Il est ressorti de cette étude que le potentiel économique considérable de cette région et de ses capitales (Abidjan, Bamako et Ouagadougou) n’a pour l’instant été que faiblement exploité. 

Efforts axés sur l’amélioration du réseau routier 

Le mauvais état du réseau routier est une importante raison de cette situation. Les petites routes interrégionales, notamment, sont souvent dégradées et sont parfois impraticables pendant la saison des pluies. Les produits alimentaires s’avarient avant d’arriver sur les marchés régionaux. L’étude a également montré que la plupart des régions ont un besoin important d’hôpitaux, d’écoles et de systèmes d’assainissement. 

Dans un certain nombre d’ateliers auxquels ont participé des représentants des communautés, des villes et des régions, ainsi que de la société civile, six zones transfrontalières prioritaires et 18 projets spéciaux ont été déterminés. Huit d’entre eux concernent l’amélioration d’importants tronçons de route d’une longueur totale de 850 kilomètres. Par ailleurs, des projets ont été sélectionnés pour l’amélioration de la gestion de l’eau dans une zone dont l’importance agricole est considérable entre le Mali et le Burkina Faso. Enfin, la construction de quatre centres de santé transfrontaliers est également prévue. 

Quels résultats ont été obtenus à ce jour ?

La coopération transfrontalière ne peut porter ses fruits que si les structures nécessaires sont en place et si des efforts de sensibilisation sont consentis au niveau de la gouvernance. À ce sujet, le projet a déjà obtenu certains résultats :

  • les représentants élus au niveau local soutiennent le concept de schémas d’aménagement transfrontalier intégrés (SATI) et assurent son développement au niveau politique ; 
  • quatre collectivités territoriales font énergiquement campagne pour le développement et souhaitent jouer un rôle majeur dans le processus de décentralisation ;
  • des associations faitières ont été créées et sont officiellement reconnues ;
  • par l’intermédiaire du PCTL, un dialogue a été instauré entre les acteurs locaux et les décideurs régionaux. Par exemple, les maires de plusieurs petites communautés ont participé à des processus décisionnels stratégiques (p. ex., attributions de marchés publics, présentation des SATI, etc.) ;
  • au niveau des États, des accords bilatéraux de coopération transfrontalière ont été signés, par exemple entre le Mali et le Burkina Faso en 2016. Les trois pays concernés ont créé la Zone économique spéciale (SIKABO) en 2018.

Au total, au cours des prochaines années, environ 79 millions de francs suisses - CHF - (45 670 millions de francs CFA) doivent être investis dans le PCTL. Trois projets reçoivent directement 5,5 millions de CHF de la Suisse. Depuis 2016, la CEDEAO finance les projets transfrontaliers locaux par l’intermédiaire de son Fonds d’aide à l’intégration régionale, pour un total de 800 000 CHF. 

(DDC/sri)