Crépuscule sur la planète lors de la conférence sur le climat de Bonn.
Photo: © Gianni Maier

La COP 23 – Une réussite ?

La COP 23, conférence de deux semaines sur le climat, s’est achevée à la mi-novembre 2017. Les participants n’en sont pas repartis bredouilles mais ont laissé derrière eux de nombreuses questions restées sans réponse. Ils prévoient de poursuivre le débat selon le concept du dialogue « Talanao » jusqu’à ce qu’ils se rencontrent à nouveau, l’année prochaine, à Katowice, Pologne.

Organisée à Bonn, Allemagne, la Conférence sur le climat a pris fin le 18 novembre 2017, et des avancées ont été faites dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Néanmoins, les résultats obtenus n’ont pas répondu aux attentes.

Le Dr. Bernd Bornhorst, président du conseil d’administration de VENRO, l’association des organisations non gouvernementales (ONG) allemandes pour le développement et l’aide humanitaire, s’est dit déçu de ce que « les nations industrialisées ne se soient pas attaquées à la question urgente du paiement des dommages et des pertes imputables au changement climatique. »

L’organisation non gouvernementale CARE a également fait remarquer que les tensions constantes entre les pays en développement et les pays industrialisés montrent à quel point l’accord mondial sur le climat a besoin d’une gestion, d’un leadership et d’une volonté politique bien plus forts qu’aujourd’hui.

D’importants progrès ont été réalisés concernant le « rulebook », ensemble des dispositions de mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ce sont elles qui, par exemple, déterminent la façon dont les pays mesurent et déclarent leurs émissions de gaz à effet de serre. À Bonn, les parties ont rédigé des textes sur ces questions, textes qui doivent être finalisés et adoptés par la COP, à Katowice, en 2018.

Dialogue « Talanoa »

L’idée du Dialogue Talanoa a été lancée lors de la COP 23 et, dans les années à venir, elle doit encourager la communauté d’États à prendre des mesures ambitieuses pour combler les différences mondiales en matière de protection climatique.

Talanoa est un terme fidjien désignant une conversation au cours de laquelle les participants partagent leurs idées. Sous la direction des Fidji et de la Pologne, ce dialogue se propose de drainer les contributions du secteur scientifique, de l’industrie et de la société civile au cours des années à venir. Le dialogue doit s’articuler sur les principaux thèmes suivants : Où sommes-nous ? Où allons-nous ? Comment y allons-nous ?

L’Alliance pour la sortie du charbon

Une coalition de nations et d’États engagée à passer de la combustion de charbon à une forme d’énergie moins polluante a été constituée par plus de 20 pays participant à la COP 23. Cette alliance pour la sortie du charbon (Powering Past Coal Alliance) espère compter au moins 50 membres d’ici un an. Son ambition est la suivante : amener le reste du monde à s’engager à en finir avec la forme la plus polluante de production d’électricité (unabated coal power).
Les membres de l’alliance s’engagent à prendre des mesures – par exemple se fixer des objectifs de sortie progressive du charbon ; s’engager à ne plus investir dans l’électricité produite par le charbon, dans leur territoire ou à l’étranger. On parle d’Unabated coal pour désigner la production d’électricité dans une centrale à charbon ne comportant aucun dispositif de traitement visant à considérablement réduire les émissions de dioxyde de carbone. Ce mode de production émet deux fois plus de CO2 par unité d’électricité. 

Fonds d’adaptation

À la COP 23, les parties signataires du Protocole de Kyoto ont décidé que ce fonds « allait servir » l’Accord de Paris. Cette décision était attendue depuis longtemps : lors de la COP 21, organisée à Paris en 2015, il avait été résolu que le Fonds « pourrait » servir l’Accord ; lors de la COP 22 organisée au Maroc, les parties sont allées plus loin en décidant que le Fonds « devait » le servir. Aujourd’hui, le Fonds d’adaptation va effectivement être mis au service des Accords de Paris, dans l’attente des décisions finales sur sa gouvernance et sa sauvegarde devant être prises d’ici à 2018.

Rien que cette année, en réponse à la montée des eaux dans les mers et à l’augmentation du nombre d’inondations, d’épisodes de sécheresse et de violentes tempêtes partout dans le monde, le Fonds a reçu 54 propositions de projets – un record – d’une valeur de 350 millions de dollars US et a décidé d’accorder plus de 104 millions de dollars US à de nouvelles propositions. Il finance actuellement 70 projets concrets d’adaptation dans des communautés vulnérables de 58 pays en développement, projets dont bénéficient directement près de 5,5 millions de personnes.

Plan d’action pour l’égalité de genre

Les États ayant participé à la COP 23 ont adopté un plan visant à intensifier l’égalité de genre et à renforcer la position des femmes dans les discours sur le climat et la lutte contre le changement climatique.

L’objectif du Plan d’action pour l’égalité de genre est de s’assurer que les femmes peuvent influencer les décisions concernant le changement climatique auquel elles sont généralement plus vulnérables, et de veiller à ce que les femmes et les hommes soient équitablement représentés dans tous les aspects de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) pour améliorer son efficacité.

Le premier rapport d’évaluation des progrès réalisés dans la mise en œuvre du Plan d’action pour l’égalité de genre sera présenté en novembre 2019.
(ile)