Culture de maïs infestée par la chenille légionnaire d’automne dans la province de Lipompo, mars 2017. <br/>Photo: ©FAO/Steven Lazaro

Culture de maïs infestée par la chenille légionnaire d’automne dans la province de Lipompo, mars 2017.
Photo: © FAO/Steven Lazaro

La chenille légionnaire d’automne bien présente en Afrique

Depuis le début de 2017, la chenille légionnaire d’automne, originaire des Amériques, se propage en Afrique. Les experts admettent qu’il ne sera pas possible d’exterminer complètement ce ravageur sur le continent africain. Il est, bien au contraire, probable que les zones infestées par la légionnaire d’automne s’étendent, ce qui signifie que les agriculteurs devront apprendre à gérer ce nuisible.

En août 2017, la présence de la chenille légionnaire était signalée dans 31 pays africains. Et, selon le Professeur Kenneth Wilson de l’université de Lancaster, au Royaume-Uni, qui a beaucoup travail-lé sur la chenille légionnaire africaine, il est probable que les infestations atteignent le Moyen-Orient et éventuellement même l’Europe.

La chenille légionnaire d’automne, venue des Amériques, est à présent arrivée en Afrique et s’y propage. Elle ne sera pas éradiquée. Telle est la conclusion à laquelle sont parvenus plusieurs experts de la chenille légionnaire d’automne lors d’une réunion soutenue par l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui s’est tenue à Accra, au Ghana, à la fin de juillet 2017.

Selon eux, des dizaines de millions de cultivateurs de maïs en Afrique devront apprendre à proté-ger leurs récoltes contre les infestations de chenilles légionnaires d’automne. En Afrique subsaha-rienne, plus de 95 pou cent des cultivateurs de maïs sont des petits exploitants familiaux. Leur production est souvent diversifiée, ils ont un accès limité à des intrants et des services et vendent souvent leur maïs à des prix très bas sur les marchés.

Les dommages pourraient sembler pires que l’impact sur les Rendements

Des estimations prudentes indiquent que les pertes de maïs causées par la chenille légionnaire d’automne en Afrique pourraient coûter trois milliards USD au continent au cours de l’année à venir, a expliqué en mai 2017 Dr Roger Day, coordonnateur sanitaire et phytosanitaire au  Centre international pour l’agriculture et les biosciences (CABI).

Néanmoins, en dévorant les feuilles, la légionnaire d’automne cause le plus souvent des dommages indirects. Parfois, elle s’attaque aux épis ou creuse les tiges. Or, même s’ils semblent dramatiques, les dégâts causés aux feuilles peuvent être compensés par une plante de maïs bien nourrie et suffisamment arrosée, selon les experts.

Les dégâts causés aux feuilles par la chenille légionnaire d’automne peuvent avoir pour conséquence de réduire les récoltes, mais ils paraissent en fait bien pires que l’impact sur les rendements. Même en présence de niveaux d’infestation élevés à certaines périodes, les plantes de maïs sont capables de compenser les dommages, et les pertes de rendement ne sont pas significatives.

Comment gérer l’infestation de chenilles légionnaires d’automne ?

La chenille légionnaire d’automne affecte principalement les cultures de maïs mais s’attaque éga-lement au riz et au sorgho de même qu’au coton et à certains légumes. Elle peut se nourrir de plus de 80 espèces de plantes. Pour réduire la ponte dans le maïs, les experts recommandent de diver-sifier davantage la production.
 
Ils suggèrent en particulier d’intercaler du manioc, qui n’est pas une plante-hôte de la chenille lé-gionnaire d’automne. Certaines autres plantes ont un effet « répulsif » sur la chenille légionnaire d’automne adulte et pourraient être plantées en rangées. En outre, la diversité des cultures peut augmenter les populations d’ennemis naturels de la chenille.
 
Permettre aux ennemis naturels de la chenille légionnaire d’automne (prédateurs, parasitoïdes ou agents pathogènes) de se développer dans les zones infestées peut s’avérer un moyen écono-mique, naturel ou biologique de lutte contre la propagation de ce ravageur, sans que cela nuise à la santé humaine ou à l’environnement.
 
Les experts disent que pour combattre les infestations de chenilles légionnaires d’automne dans les pays d’Afrique subsaharienne, les agriculteurs devraient réduire autant que possible l’utilisation de pesticides chimiques, parce que le ravageur peut développer des résistances et aussi parce que cette technique n’est ni économiquement ni écologiquement durable et qu’elle peut présenter des risques pour la santé.
 
Pour en savoir plus :
Réseau sur la chenille légionnaire (en anglais)
Carte des régions africaines infestées par la chenille légionnaire d’automne
 
(FAO/ile)