L’école d’entrepreneuriat agricole s’est avérée être une approche de responsabilisation pour plus d’un million de petits exploitants agricoles. <br/> Photo: © GIZ/Kwesi Asime

L’école d’entrepreneuriat agricole s’est avérée être une approche de responsabilisation pour plus d’un million de petits exploitants agricoles.
Photo: © GIZ/Kwesi Asime

Investir dans l’entrepreneuriat chez les petits exploitants agricoles en Afrique

Donner aux populations rurales les moyens d’améliorer leur productivité et leur revenu réel dans le respect de l’environnement est une condition préalable à la transformation agricole et rurale et à la croissance inclusive en Afrique. L’école d’entrepreneuriat agricole (Farmer Business School – FBS) s’est avérée être une approche de responsabilisation pour plus d’un million de petits exploitants agricoles souhaitant renforcer leurs compétences en matière de commerce et de gestion afin de diversifier leurs revenus et équilibrer leur alimentation.

En Afrique rurale, l’agriculture est une activité majeure pour les femmes comme pour les hommes. Elle contribue de manière considérable aux revenus et à l’alimentation des ménages. La diversification et l’amélioration de la productivité agricole, pour la consommation et la vente sur les marchés régionaux et mondiaux, sont par conséquent une condition indispensable à la durabilité des moyens d’existence. En fournissant des produits agricoles de base commercialisés au niveau international et en assurant la disponibilité de produits alimentaires d’importance stratégique, l’agriculture peut assurer la sécurité alimentaire du pays. En tant qu’employeur majeur, le secteur agricole contribue considérablement au PIB des pays. Il peut potentiellement revitaliser les zones rurales et diversifier les économies de l’Afrique. Reconnaître ce potentiel, c’est demander le renforcement des capacités entrepreneuriales des petits exploitants agricoles.

L’école d’entrepreneuriat agricole (Farmer Business School - FBS) est une approche élaborée par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), avec le soutien de la Fondation Bill et Melinda Gates et de la Fondation mondiale du cacao. La FBS a pour objectif de renforcer les compétences commerciales des petits exploitants dans le but d’augmenter et de diversifier leurs revenus. Sur la base d’une analyse économique, les participants apprennent à identifier les cultures rentables, à mieux connaître les techniques de production et à faire des investissements visant, entre autres, à accroître les rendements et les revenus.

Les agripreneurs sont la clé du changement

« La FBS vise à changer l’état d’esprit des petits exploitants agricoles », explique le Dr. Annemarie Matthess, responsable du programme d’agrobusiness durable pour les petits exploitants agricoles à la GIZ. « Dès qu’ils s’identifient à des entrepreneurs, prennent des décisions d’ordre commercial et participent activement au marché, ils deviennent de solides partenaires commerciaux. La transformation agricole passe par là. »

Initialement lancés en 2010 par le projet de commerce durable du cacao (Sustainable Cocoa Business Project – SCB) à l’intention des petits producteurs de cacao d’Afrique occidentale et centrale, 22 projets de la GIZ mettent actuellement en œuvre la FBS pour 25 produits majeurs, dans plus de 45 programmes d’étude différents. Cette approche financièrement intéressante couvre 17 pays d’Afrique occidentale, centrale, orientale et du Nord. Dans tout le continent, plus d’un million d’agriculteurs ont suivi une formation à la FBS. En moyenne, 30 pour cent des agriculteurs formés sont des femmes.

L’histoire d’une agricultrice camerounaise

Plus d’un million de petits exploitants agricoles ont été formés et madame Ndzana Toua Bibiane est une d’entre eux. Elle produit du cacao dans la région centrale du Cameroun. En plus du cacao, elle cultive du maïs, du manioc et du soja comme sources supplémentaires de revenus. Selon elle, son intérêt pour l’agriculture a commencé à faiblir lorsqu’elle s’est rendu compte que son niveau de production était très inférieur à la moyenne.

En 2012, elle a profité de l’occasion de participer à une formation FBS. Aujourd’hui, elle consigne scrupuleusement ses rentrées et ses sorties d’argent, planifie ses activités agricoles en utilisant le « calendrier cultural », applique de bonnes pratiques agricoles et a diversifié sa production en y ajoutant la culture de l’arachide et l’élevage de poulets (elle en possède 850). Comparativement à 2012, elle loue des terres supplémentaires (elle est passée de 4 ha à 8,8 ha) et a multiplié par six le revenu qu’elle tire de ses activités agricoles (5 182 400CFA, soit 7 900 €). Elle épargne de l’argent et a droit à des prêts. Elle parle aujourd’hui avec fierté de son entreprise agricole et insiste sur le fait qu’aujourd’hui, elle paie facilement les études de ses enfants et que son fils reprendra un jour son activité.

Responsabiliser les petits exploitants pour la durabilité des chaînes de valeur

En tant qu’entrepreneur, un petit exploitant agricole dispose de plus d’éléments pour demander des prix justes et plus élevés et tirer le meilleur revenu possible de son exploitation. Cela lui permet de réinvestir dans son exploitation et dans l’avenir de sa famille, ce qui a un effet multiplicateur sur l’économie rurale, par exemple sous la forme de création d’emplois, de transformation de produits primaires et de substitution aux importations.

Les agents publics et privés de mise en œuvre de la FBS confirment qu’associée à d’autres services, la formation de cinq jours consécutifs a incité les petits exploitants à investir dans de meilleures techniques de production, à se constituer en organisations, à demander individuellement et collectivement des services et des intrants, à tirer parti des opportunités du marché et à investir dans leur exploitation. Cela se traduit par un renforcement des liens commerciaux, par une amélioration de la qualité des produits et une augmentation du chiffre d’affaire des entreprises, et contribue également à atteindre les objectifs de la stratégie sectorielle.

Bibiane soutient de nombreux petits exploitants africains qui, ensemble, peuvent faire de l’agriculture un secteur attractif, à croissance inclusive et offrant des perspectives d’avenir, y compris pour la jeune génération. Les petits exploitants agricoles sont les déclencheurs de la transformation agricole et la clé du changement. La FBS les encourage à agir comme tels. 
 
Auteurs : Daria Hasse et Annemarie Matthess, GIZ/Sustainable Smallholder Agri-business Programme, Accra, Ghana

Pour en savoir plus :

Pour de plus amples informations sur l’approche de la Farmer Business School, consulter le site www.a4sd.net and www.ssab-africa.net

ou contacter le service de conseil de la FBS (Farmer Business School Advisory Facility)