L'énergie solaire génère du courant électrique pour le village dans le district de Leribe, au Lesotho.
Photo. © FAO/Rodger Bosch

Indice de performance climatique : la révolution énergétique mondiale a commencé

Selon l'Indice de performance climatique de cette année, la transition vers une économie à faibles émissions de carbone est clairement engagée et gagne du terrain. Cependant certains pays enre-gistrent toujours des performances médiocres, voire des chiffres à la baisse. Les trois premières places de l'Indice de performance climatique restent vides, parce qu'aucun pays n’a pris jusqu’à présent des mesures suffisantes pour éviter les impacts dangereux du changement climatique.

Avec le succès historique récent de l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris, l'Indice de perfor-mance climatique (IPC) 2017, publié par Germanwatch en novembre 2016, confirme la progres-sion des énergies renouvelables et note des évolutions positives dans le secteur de l'efficacité énergétique.

Alors que des tendances encourageantes sont enregistrées à l'échelle mondiale, le rythme de pro-gression de la révolution énergétique nécessaire reste trop lent. Du côté des politiques, l'IPC re-lève un manque d'ambition dans de nombreux pays, bien que certains se rattrapent cette année.

L'IPC évalue et compare la performance en matière de protection du climat de 58 pays qui, en-semble, sont responsables de plus de 90 pour cent des émissions mondiales de Co2 liées à l'éner-gie.

Des tendances positives au niveau des politiques climatiques

Le Maroc, hôte de la conférence sur le climat (COP22) de cette année, continue dans son déve-loppement positif des dernières années et atteint le 8ème rang dans l’IPC 2017. Grâce à des inves-tissements massifs dans les énergies renouvelables et à des objectifs ambitieux à moyen et long termes, le Maroc joue un rôle précurseur en Afrique.

Des tendances positives sont également observées dans certaines économies émergentes du G20 telles que l'Inde (20ème place), l'Argentine (36ème place) et le Brésil (40ème place) qui ont toutes amélioré leur classement dans l'IPC 2017.

Aucun des grands pays émetteurs n'ayant pris des mesures permettant de maintenir le réchauf-fement dans la limite de 1,5 à 2° C, les trois premières places restent vides. La France, qui arrive au 4ème rang, est pour la première fois en tête de liste, profitant de son exceptionnel succès di-plomatique ayant permis l'Accord de Paris l'année dernière. La Suède et le Royaume-Uni qui se classent respectivement en 5ème et 6èmeposition profitent tous deux des politiques climatiques prometteuses mises en place par les gouvernements précédents.

Les économies émergentes rattrapent leur retard dans le domaine du développement des énergies renouvelables

Selon les auteurs, l'IPC de cette année confirme que de nombreux pays européens, dont le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark et l'Allemagne risquent de perdre leur place de leader dans le domaine du développement des énergies renouvelables. Plusieurs États membres de l'UE ont réduit leurs investissements dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, ont remis en question leurs objectifs d'atténuation à long terme ou ont échoué à mettre en place le cadre politique nécessaire pour atteindre leurs cibles à court terme.

Le Danemark, qui était en tête de l'Indice ces quatre dernières années, subit déjà les consé-quences d'un retournement de sa politique climatique puisqu'il chute brutalement à la 13ème place du classement cette année. Les pays émergents les rattrapent dans l'effort de transition de leurs systèmes énergétiques, et les pays européens doivent augmenter leur niveau d'ambition s'ils veulent conserver leur position de tête du classement.

Des performances médiocres constatées pour les deux plus grands émetteurs du monde, les États-Unis et la Chine

Le Canada (55ème rang), l'Australie (57ème rang) et le Japon (60ème rang) se placent dans le groupe des pays les moins performants (« très faibles performances ») de l'Indice. Le Japon a de nouveau perdu deux places, les experts nationaux critiquant leur gouvernement pour une très mauvaise politique climatique. La performance de l'Australie a baissé dans le domaine de l'efficacité éner-gétique et le pays est critiqué pour la politique climatique peu ambitieuse menée par le gouver-nement fédéral.

La performance des deux plus grands émetteurs au niveau mondial, les États-Unis (43ème place) et la Chine (48ème place) continue d'être jugée faible par l'IPC. Les États-Unis ont perdu du terrain dans presque chaque catégorie de l’indice, ce qui les a fait reculer de plusieurs places. Les élec-tions risquent de mettre en danger les progrès effectués récemment dans la transition. Cepen-dant, l'élection de Donald Trump à la présidence du pays n'a pas eu d'influence sur l'évaluation politique présentée dans l'IPC 2017.

Même si la Chine reste classée parmi les pays moins performants, l'Indice note une évolution po-sitive due à la réduction de la consommation mondiale de charbon qui a amené la Chine à renon-cer à la construction de 30 centrales à charbon l'année dernière.

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(Germanwatch/ile)