Génération 2030 Afrique 2.0

Actuellement, 50 pour cent des personnes vivant sur le continent africain ont moins de 18 ans. D’ici à 2030, on comptera 170 millions d’enfants et de jeunes de plus entre la Méditerranée et le Cap de Bonne-Espérance. Selon les auteurs de l’étude « Génération 2030 Afrique 2.0 », il faut investir dans l’avenir de ces gens.

En 2050, 40 pour cent de tous les jeunes de moins de 18 ans vivront en Afrique, et cette proportion atteindra 50 pour cent d’ici à 2100. Selon Sandie Blanchet, le monde doit investir dans l’avenir de ces jeunes pour que l’Afrique puisse tirer parti de son dividende démographique. Sandie Blanchet est directrice du bureau de l’UNICEF, à Bruxelles, qui a réalisé l’étude « Génération 2030 Afrique 2.0 ». Elle a présenté l’étude en novembre 2017 à la Commission du développement du Parlement européen, au début de la Semaine africaine de l’Union européenne et 8 jours avant le 5ème Sommet UE-Afrique, organisé fin novembre à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Le dividende démographique est le potentiel qu’a une jeune population en bonne santé, vivant dans des conditions stables, d’assurer une croissance importante à l’ensemble du continent. En cas d’échec des programmes, on assistera à un accroissement de la pauvreté et de la volonté de migrer. Les nouvelles en provenance du continent africain sont souvent mauvaises, mais Sandie Blanchet en a également de bonnes à partager avec nous, ne provenance du Niger, par exemple.

Le Niger est une des nations les plus pauvres d’Afrique, mais au cours des 15 dernières années la proportion d’enfants scolarisés dans le primaire est passée de 20 à 69 pour cent. « C’est tout simplement prodigieux, » déclare Sandie Blanchet. Malgré un budget serré, le pays a pu effectuer ce bond en avant. La part du budget consacrée aux écoles et aux enseignants est progressivement passée de 17 à 22 pour cent, ce qui a permis de doubler le nombre d’écoles et de tripler le nombre d’enseignants. Les familles n’ayant pas reçu une éducation primaire ont généralement entre 6 et 7 enfants. Pour celles qui ont bénéficié d’une telle éducation, le chiffre moyen tombe à 5,8, et pour celles qui ont suivi un enseignement secondaire, il recule encore (3,6).

L’investissement dans l’éducation a contribué à abaisser le taux de fertilité et le nombre de mariages d’enfants. Selon Sandie Blanchet, le Niger montre ce qu’il est possible de réaliser avec une politique cohérente et un partenariat avec le secteur privé.

Le sommet d’Abidjan a mis l’accent sur le travail à effectuer auprès des jeunes. Le rapport de l’UNICEF témoigne de ce qu’il faut faire. Le système de santé et de protection sociale doit être systématiquement élargi en Afrique. L’éducation et la formation professionnelle sont nécessaires pour relever les défis. Pour cela, il faut protéger les enfants et les jeunes africains de la violence et de l’exploitation.

Il faut s’attaquer aux principes fondamentaux du développement. 49 pour cent des enfants vivent avec moins de 2 dollars US par jour, comparativement à 38 pour cent des adultes. « Les enfants souffrent plus de l’extrême pauvreté, » ajoute Sandie Blanchet. En raison de la malnutrition, leur développement mental et physique est inférieur à ce qu’il devrait être. Les enfants qui doivent parcourir dix kilomètres à pied pour aller au puits le plus proche n’ont pas le temps d’aller à l’école.

La question des enfants et des jeunes est très complexe. Malgré tout, Sandie Blanchet parle d’un « impératif moral », pour les pays industrialisés, d’aider ces enfants. Sans l’Afrique, les objectifs de développement durable ne seront jamais atteints.

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Roland Krieg, journaliste, Berlin/Allemagne