Dans les 27 pays africains étudiés dans le rapport "Breaking Down Barriers", plus de 50 pourcent du marché de la téléphonie mobile est détenu par un seul fournisseur.
Photo: © Olive Bexten/Rural21

Dynamiser la concurrence dans les marchés africains afin de lutter contre la pauvreté

Dans les pays d’Afrique sub-saharienne et d’Afrique du Nord, la concurrence est relativement peu développée. La dynamisation de la concurrence dans les marchés africains est susceptible de stimuler la croissance et sortir au moins un demi-million de personnes de la pauvreté.

L’intensification de la concurrence dans les marchés de consommation et dans les principaux secteurs d’intrants peut aider les pays africains à réaliser une croissance rapide et à lutter contre la pauvreté, c’est là la conclusion d’un rapport publié en juillet 2016 par le Groupe de la Banque Mondiale et par le Forum Africain de la Concurrence (FAC).

Le rapport intitulé Breaking Down Barriers [Le démantèlement des obstacles] conclut qu’une réduction du prix des denrées alimentaires de base de juste 10 pourcent, du fait de la lutte contre les cartels et l’amélioration des réglementations qui restreignent la concurrence sur le marché des denrées alimentaires, pourrait sortir un demi-million de personnes de la pauvreté rien qu’au Kenya, en Afrique du Sud et en Zambie et permettre aux foyers dans ces pays d’épargner plus de 700 millions de dollars par an.

Dans le même temps, il est crucial pour améliorer la compétitivité et la croissance de procéder à des réformes fondamentales visant l’intensification de la concurrence dans des secteurs clé. Par exemple, une éventuelle réforme des marchés des services professionnels dans des pays comme l’Ethiopie, le Ghana, la Zambie et d’autres pourrait créer une croissance d’un demi-point de pourcentage du PIB dans les secteurs qui font un appel intensif à ces services. Pour un pays comme la Zambie qui a enregistré une croissance du PIB de 1,7 pourcent en 2015, cette augmentation pourrait être considérable.

Le rapport suggère aussi que l’impact pourrait être encore plus important si des réformes fondamentales étaient mises en œuvre dans d’autres services comme l’électricité, les télécommunications et le transport, secteurs qui ont des retombées potentielles plus importantes dans toutes les économies.

Le manque de concurrence nuit au bien-être du consommateur

Dans les pays d’Afrique sub-saharienne et d’Afrique du Nord, la concurrence est relativement peu développée. Plus de 70 pourcent des pays africains se classent dans la moitié inférieure de l’ensemble des pays de la planète en termes de l’intensité perçue de la concurrence locale et de l’existence des fondamentaux pour la concurrence dans les marchés.

L’absence de concurrence nuit au bien-être du consommateur dans la région, notamment les plus pauvres d’entre eux. Dans de nombreuses villes africaines, le prix des denrées de base, dont le riz blanc, le sucre blanc, le poulet congelé, le pain, le beurre, la farine, le lait, les pommes de terre et les œufs est supérieur de 24 pourcent au reste du monde, même si l’on tient compte de la demande et des coûts du transport.

Selon ce rapport, les marchés africains des intrants sont eux aussi confrontés à des obstacles à la concurrence, ce qui nuit à la compétitivité sur le continent. Dans le secteur des télécommunications, par exemple, les 27 pays africains étudiés dans le rapport sur le démantèlement des obstacles, plus de 50 pourcent du marché de la téléphonie mobile est détenu par un seul fournisseur.

Des recherches effectuées en Afrique montrent que l’entrée d’un nouveau fournisseur télécom génère une croissance de 57 pourcent au niveau des abonnements, ce qui peut avoir un effet d’entraînement au niveau de la productivité de l’ensemble de l’économie.

Le rapport est axé tout particulièrement sur l’application de la réglementation sur la concurrence et sur les environnements favorables à la régulation des marchés du ciment, des engrais et des télécommunications, des secteurs fondamentaux pour la concurrence dans les secteurs du bâtiment et de l’agriculture et au bien-être des foyers les moins nantis.

Pour de plus amples information et pour télécharger le rapport (en anglais)

(Groupe de la Banque Mondiale /ile)