Valette fait remarquer que la perspective urbanocentrée a accordé trop peu d’attention au lien entre villes et campagnes. « Ce point de vue tend à faire oublier que les villes ne connaîtront pas la paix sans ruralités florissantes » dit elle, et d’ajouter qu’en dépit des prévisions concernant l’inévitable dépopulation des territoires ruraux et la concentration de la production agricole sur certaines régions, les zones rurales sont innovantes et se transforment.

Les territoires ruraux jouent un rôle majeur dans l’atteinte des ODD. L’ODD 10, par exemple « Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre » inclut la cible suivante : d’ici à 2030, assurer progressivement et durablement une croissance des revenus des 40 pour cent de la population les plus pauvres à un rythme plus rapide que celle du revenu moyen national. Pour atteindre cet ODD, il faudra intervenir de façon ciblée dans les territoires ruraux marginalisés et fragiles où vit une grande partie de la population visée.

Adopter une perspective territoriale pour penser le développement

« Urbain et rural ne sont pas des constructs statiques, et ce n’est pas le cas non plus des concepts qui les représentent », a expliqué Julio Berdegue, représentant régional de l’Amérique latine et des Caraïbes au sein de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), lors de la conférence.

Les participants se sont accordés pour dire que trois faits différents appellent l’adoption d’une perspective territoriale dans l’approche du développement : les processus de transformation du monde rural, et en particulier la démarcation devenue plus floue entre les catégories « rural » et « urbain », la diversification des activités rurales et la nouvelle configuration des interactions entre dynamiques locales, nationales et mondiales.