Dès le début des années 1920, l’introduction de la coccinelle, ennemi naturel de la cochenille du cocotier, a connu une grande réussite en matière de lutte biologique contre les parasites.
Photo: ©Shutterstock/Walter Kalweit

Des milliards de dollars sauvés grâce à la lutte biologique contre les parasites

Pour la première fois, une équipe internationale de chercheurs a montré que des solutions naturelles de lutte contre les parasites agricoles rapportent de 14,6 à 19,5 milliards USD, chaque année, dans 23 pays de la région Asie-Pacifique.

Selon une étude menée par l’université du Queensland, la lutte biologique contre les insectes parasites – utilisation « d’ennemis naturels » pour contrer les parasites – permet aux agriculteurs d’Asie et du Pacifique d’économiser des milliards de dollars. Le docteur Kris Wyckhuys, de l’école des sciences biologiques, université du Queensland, Brisbane/Australie, a déclaré que la lutte biologique consiste à libérer de manière contrôlée un ennemi naturel exotique dans l’habitat naturel du parasite.

« Les chercheurs choisissent méticuleusement les insectes utiles coévolués qui sont les plus efficaces et ont le moins de chances de créer des bouleversements écologiques, » explique le docteur Wyckhuys. « Notre étude a montré comment, sur un siècle, les techniques de lutte biologique ont permis de maîtriser 43 insectes parasites de cultures alimentaires humaines et animales, et de plantes à fibres dans la région Asie-Pacifique. » 

L’équipe a constaté que la lutte biologique a contribué à écarter les menaces que faisaient peser les parasites envahissants sur plusieurs cultures alimentaires telles que celle du bananier, de l’arbre à pain et du cocotier. 

« Il ressort de nos travaux qu’en Asie, ces techniques font économiser de 20,1 à 26,8 milliards de dollars australiens (14,6 à 19,5 milliards USD) par an aux agriculteurs, » a déclaré le docteur Wyckhuys. « C’est une somme d’argent absolument phénoménale et un service qui ne l’est pas moins, surtout si on compare ces techniques aux autres innovations dans le secteur agricole. » 

« La Révolution verte qui, en Asie, à la fin des années 1960, a permis de tripler la production de riz mais a également vu un accroissement de l’utilisation d’engrais chimiques, de produits agrochimiques et de nouvelles méthodes de culture, constitue un bon point de comparaison, » a fait remarquer le chercheur, avant d’ajouter : « Les impacts de la Révolution verte peuvent être attribués en grande partie à l’utilisation de variétés de riz ayant deux fois plus de rendement, ce qui a généré 4,3 milliards USD par an en Asie. »

La lutte biologique contre les parasites offre d’énormes possibilités, notamment pour les agriculteurs pauvres.  


Michael Furlong, professeur associé à l’université du Queensland, a déclaré que la reconnaissance de l’efficacité de la lutte biologique pourrait entraîner une adoption accrue de cette technique et se traduire par une agriculture plus résiliente et plus prospère à l’échelle mondiale. « La lutte biologique offre de grandes possibilités pour certains des agriculteurs les plus pauvres du monde, » a déclaré le docteur Furlong, qui a ajouté : « Cela favorise la croissance et la prospérité du monde rural, même dans les régions marginales, disposant de peu de moyens et dans lesquelles on ne cultive pas le riz. »

Michael Furlong a cité un très bon exemple, celui de la cochenille du cocotier (Aspidiotus destructor) qui a porté atteinte à la prospérité économique et la sécurité alimentaire de pays entiers. « Aux Fidji, au début du vingtième siècle, la cochenille du cocotier a posé un grave problème dans des secteurs tels que ceux de la noix de coco, de la banane et du coprah. 

À en croire Michael Furlong, des coccinelles de Trinidad et des guêpes parasites de quelques millimètres seulement ont été introduites en 1928 et les résultats ont été presque immédiats. La cochenille du cocotier a cessé de poser un problème économique dans toutes les principales îles Fidji en moins de neuf mois, et au bout de 18 mois elle était pratiquement devenue introuvable. 

« Ces approches innovantes et les progrès de la science aident à nourrir le monde, à préserver la biodiversité des exploitations agricoles et à améliorer la qualité de vie des agriculteurs. Nous espérons que cette étude apportera des enseignements que pourront exploiter d’autres initiatives visant à atténuer le risque que posent les espèces envahissantes, à restaurer la résilience écologique, et à accroître de façon durable la production alimentaire mondiale, » a conclu le chercheur.  

(Université du Queensland/wi)

Référence :
Kris A. G. Wyckhuys, Yanhui Lu, Wenwu Zhou, Matthew J. W. Cock, Steven E. Naranjo, Atumurirava Fereti, Frances E. Williams, Michael J. Furlong. Ecological pest control fortifies agricultural growth in Asia–Pacific economies. Nature Ecology & Evolution, 2020; DOI: 10.1038/s41559-020-01294-y

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