Des femmes et des enfants puisant de l’eau dans un forage à Mzingo, un village du Malawi. <br> Photo : ©FAO/Amos Gumulira

Des femmes et des enfants puisant de l’eau dans un forage à Mzingo, un village du Malawi.
Photo : ©FAO/Amos Gumulira

Des inégalités flagrantes dans l’accès à l’eau

Selon un rapport de la Banque mondiale, il est impératif d’investir davantage dans les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans les zones rurales. Il existe des disparités énormes en termes d’accès à des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement entre les zones rurales et urbaines et entre les zones pauvres et celles qui le sont moins.

Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale lancé à l’occasion de la Semaine de l’eau à Stockholm, en Suède, 75 pour cent des personnes n’ayant pas accès à des services d’assainissement améliorés vivent en milieu rural et seuls 20 pour cent de ces populations rurales ont accès à des sources d’eau améliorées. Le rapport s’appuie sur des données provenant de 18 pays différents dans le monde.

Dans les pays analysés, trois personnes sur quatre qui n’ont pas accès à des services d’assainissement améliorés et quatre personnes sur cinq qui n’ont pas accès à des sources d’eau améliorées vivent dans des zones rurales. Sur un total estimé de 2,4 milliards de personnes vivant dans ces 18 pays, 1,5 milliard (63 %) se trouvent en milieu rural. Les pauvres sont affectés de façon disproportionnée par cette situation déficitaire et 74 pour cent d’entre eux vivent dans des zones rurales.

Au Niger, par exemple, le taux d’accès à des sources d’eau potable est de près de 100 pour cent en milieu urbain, alors que dans les zones rurales de ce même pays seulement deux pour cent des personnes ont accès à des services d’assainissement améliorés. Alors que le taux d’accès des citadins à des sources d’eau améliorées a augmenté de 39 points de pourcentage entre 1990 et 2015, la défécation en plein air a progressé dans les zones rurales pauvres.

Ces chiffres reflètent une situation d’autant plus dramatique si l’on considère que 75 pour cent de la population et 90 pour cent des pauvres vivent dans des zones rurales, ces derniers étant largement concentrés le long de la frontière sud du pays.

Au Nigéria, plus de 60  pour cent de la population rurale vivent à plus de 30 minutes d’une source d’eau utilisable. Et en Équateur, où 24 pour cent de la population rurale boivent de l’eau contaminée, 21 pour cent des enfants souffrent de retard de croissance et 18 pour cent d’insuffisance pondérale.

Selon ce rapport, les pays devront dépenser 150 milliards de dollars par an pour atteindre d’ici 2030 l’objectif de développement durable (ODD) relatif à l’accès à des services d’eau et d’assainissement durables. C’est quatre fois plus que ce qu’ils n’investissent actuellement dans l’approvisionnement en eau, l’assainissement et l’hygiène et ce chiffre, irréalisable pour la plupart, risque de compromettre les efforts d’éradication de la pauvreté.

Pour en savoir plus sur le rapport Reducing Inequalities in Water Supply, Sanitation, and Hygiene in the Era of the Sustainable Development Goals, cliquez sur le lien (en anglais)

(Banque mondiale/ile)