Des chercheurs du monde entier travaillent sur de nouvelles méthodes et de nouveaux agents de lutte contre le paludisme.<br/> Photo: CDC Global

Des chercheurs du monde entier travaillent sur de nouvelles méthodes et de nouveaux agents de lutte contre le paludisme.
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De nouveaux traitements contre le paludisme à l’horizon

On pourrait bientôt disposer de traitements plus efficaces contre le paludisme. Des chercheurs de l’université de Bayreuth et de Jérusalem ont mis au point une nouvelle méthode de libération des agents actifs, ainsi qu’un nouvel agent, « Artemisone », à cette fin.

Dans le cadre d’un projet en collaboration sur le traitement du paludisme, des chercheurs des universités de Bayreuth/Allemagne et de Jérusalem/Israël ont mis au point un nouvel agent, appelé « Artemisone », et une nouvelle méthode d’administration de cet agent au patient, selon une posologie adaptée avec précision à son profil épidémiologique. Les résultats ont été publiés dans la revue Global Challenges. L’étude entrait dans le cadre d’un projet financé par la fondation allemande pour la recherche (DFG) à hauteur d’environ 1,5 million d’euros sur cinq ans. 
 
Une formule fiable et souple : les fibres minuscules permettent des dosages optimums 

Pour pouvoir adapter avec flexibilité la progression d’un traitement contre le paludisme à un profil épidémiologique individuel, les chercheurs de Bayreuth ont placé l’agent « Artemisone », élaboré à l’université hébraïque de Jérusalem, sur des fibres polymères spéciales. Ces fibres sont environ 100 fois plus fines qu’un cheveu humain. Dès qu’elles entrent en contact avec un liquide de perfusion standard contenant des tensioactifs, l’Artemisone est progressivement libérée. La dose d’Artemisone pénétrant dans le flux sanguin est facile à contrôler.

Ainsi, la méthode diffère fondamentalement des méthodes existantes d’élaboration d’une libéralisation programmée d’agents antipaludéens. Les travaux ont été axés sur la question de savoir comment ces agents pouvaient être libérés, de manière contrôlée, dans l’organisme humain. Les solutions avant tout envisagées à cette fin étaient celles de l’implant et de l’encapsulation spéciale de comprimés. Le professeur Andreas Greiner, de l’université de Bayreuth, explique que « ces approches ont rencontré des difficultés et qu’à ce jour, les tentatives visant à les surmonter n’ont pas été convaincantes. Notre méthode diffère des autres en ceci que nous prévoyons la libération de l’agent à l’avance. Elle a déjà lieu dans le système de perfusion, en dehors de l’organisme. »

Une aide efficace pour les patients atteints de paludisme dans les régions tropicales

La nouvelle méthode thérapeutique de l’université de Bayreuth s’appuie sur des examens d’autres instituts de recherche dans lesquels les résultats des tests effectués avec l’Artemisone étaient très prometteurs. Des essais précliniques réalisés à l’université hébraïque de Jérusalem ont montré que l’Artemisone présente des avantages certains comparativement à l’Artemisinine qui, jusqu’à maintenant, est utilisée pour traiter les infections paludéennes. Le professeur Jacob Golenser de l’université hébraïque de Jérusalem espère que le nouvel agent permettra de traiter ces infections dans un avenir relativement proche.
 
Le traitement antipaludéen mis au point à Bayreuth et Jérusalem est-il également accessible aux pays en développement et aux économies émergentes ? Les fibres utilisées pour le processus sont fabriquées par filage électrique, procédé industriel aujourd’hui courant. Selon les chercheurs de Bayreuth et Jérusalem, le chargement de l’Artemisone sur les fibres et leur placement dans la chambre compte-gouttes du kit de perfusion sont des opérations relativement peu coûteuses. Les kits de perfusion ainsi préparés pourraient être abordables dans les pays en développement et les économies émergentes dans lesquels il n’est pas, pour l’instant, possible de traiter convenablement de nombreux patients. Les chercheurs pensent que si les hôpitaux et les centres de traitement antipaludéen étaient équipés d’appareils de perfusion standards, leurs patients pourraient bientôt avoir la chance d’être traités efficacement.
 
(idw/wi)
 
Référence :
Amir Reza Bagheri, Seema Agarwal, Jacob Golenser et Andreas Greiner,
Unlocking Nanocarriers for the Programmed Release of Antimalarial Drugs,
Global Challenges (2017), DOI: 10.1002/gch2.201600011.

Photo source: CDC Global/ Flickr.com