« Les femmes au volant » est un programme mis en œuvre au Ghana pour apprendre aux femmes à manœuvrer des tracteurs ».
Photo : © giz

De « l’égalité de genre » au « changement transformateur en matière de genre »

Dans le cadre du PDDAA, la GIZ soutient des projets pilotes visant à promouvoir les femmes sur le continent africain en leur offrant une formation professionnelle agricole.

Les femmes sont l’épine dorsale de l’agriculture africaine. Elles produisent environ 80 pour cent des denrées alimentaires et représentent presque 50 pour cent de la main d'œuvre du secteur. Cependant, en raison de barrières socioculturelles, les femmes n’ont souvent pas accès à des opportunités de formation.

L’Union africaine (UA) a, en 2003 déjà, lancé le Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine (PDDAA),une stratégie visant à soutenir la croissance agricole et la sécurité alimentaire. Mais, en l’absence de promotion ciblée de l’égalité entre les femmes et les hommes, les objectifs continentaux du PDDAA n’ont guère de chances d’être atteints.

La Deutsche Gesellschaft für internationale Zusammenarbeit (GIZ) soutient le PDDAA à plusieurs niveaux et coopère avec l’UA et son Agence de planification et de coordination (NEPAD). Outre l’amélioration du cadre politique sur l’ensemble du continent, et en particulier dans les États membres de l’UA, les femmes sont soutenues directement dans le domaine de la formation professionnelle agricole. C’est seulement ainsi qu’elles peuvent déployer leur plein potentiel pour accroître la productivité et la rentabilité sur le continent.

Le projet « Enseignement et formation techniques, professionnels, agricoles (EFTPA) pour les femmes en Afrique » est un module du programme d’appui au PDDAA de la GIZ, qui est mis en œuvre dans les six pays partenaires suivants : Kenya, Malawi, Ghana, Bénin, Burkina Faso et Togo. Le projet entend, dans ces pays, faciliter l’accès des femmes à un enseignement formel et non formel dans le secteur agricole et agroalimentaire.

L’intégration de la dimension du genre n’est pas le seul thème sur lequel se concentrent les activités du projet. Pour garantir que le changement soit efficace et durable, les collaborateurs du projet et les institutions partenaires travaillent intensivement avec des approches ayant un impact transformateur en matière de genre.

Ces approches vont au-delà des questions liées à l’égalité de droits. Il ne suffit pas de mesurer la proportion de femmes dont l’accès à la formation a été amélioré (égalité de genre). Il faut aussi se demander comment le rôle de la femme et son statut dans la société ont évolué grâce à cet accès amélioré à la formation professionnelle agricole (impact transformateur en matière de genre).

Supprimer les barrières auxquelles les femmes se trouvent confrontées dans le secteur agricole

C’est sur cette toile de fond que des projets innovants ayant pour objectif de supprimer les barrières auxquelles les femmes se trouvent confrontées dans le secteur agricole ont déjà été mis au point dans quatre des six pays concernés par le projet. Des exemples prometteurs ont été traités sur place et pourront, à l’avenir, être mis en œuvre à grande échelle. Ces projets montrent l’exemple :

Ghana : « Les femmes au volant » :  formation de femmes à la conduite et à l’entretien de tracteurs afin de remettre en question les rôles traditionnellement attribués à la femme.

Kenya : « Entraîne-toi et épanouis-toi » : formation, coaching et mentorat afin d’améliorer les compétences de gestion des femmes occupant des postes de direction dans les exploitations agricoles.

Bénin : « Passer au vert au Bénin » : les femmes fabriquent des engrais naturels pour la culture de produits bio et accroissent le revenu qu’elles tirent de la vente de leurs produits.

Malawi « Réussir à deux » : un couple ayant réussi ouvre la voie à des productrices de légumes au Malawi en leur offrant des possibilités de formation initiale et continue dans leur exploitation.

Tous les projets pilotes mettent en avant des idées spécifiques au contexte et des histoires à succès qui ont le potentiel de contribuer à un changement de vaste portée, durable et ayant des effets transformateurs en matière de genre. S’ils ne mettent pas l’accent sur les femmes, les processus de transformation dans l’agriculture africaine n’enregistreront pas d’avancée majeure. Ce n’est pas sans raison que l’on dit : « Si vous éduquez un homme, vous éduquez une personne. Si vous éduquez une femme, vous éduquez une nation ».


Miriam Heidtmann, Deutsche Gesellschaft für internationale Zusammenarbeit (giz) GmbH, Eschborn/Bonn, Allemagne

Contact : miriam.heidtmann@giz.de

 

Pour en savoir plus :

CAADP/PDDAA : Skills development for women in agriculture (en anglais)