Agriculteur tenant une poignée de graines de tomate. Les petits agriculteurs des pays en développement pourraient particulièrement souffrir de la concentration de la puissance du marché dans le marché des semences.
Photo: ©IFAD/Sanjit Das/Panos

Concentration croissante dans le marché des semences

Si les trois fusions prévues dans le marché des semences se concrétisent, les nouvelles multinationales créées auraient une part dominante du marché, ce qui leur donnerait une influence considérable sur la structure du système agricole et alimentaire.

Les fusions de Dow-DuPont et de ChemChina-Syngenta et la reprise prévue du groupe américain Monsanto par Bayer pourraient signifier qu’à l’avenir, trois multinationales contrôleront près des deux tiers du marché mondial des semences et des produits chimiques agricoles. Cela leur donnerait une influence considérable sur les conditions de vie et de travail et sur l’alimentation de milliards de personnes.

Dans une lettre publique adressée à la Commission européenne en mars 2017, près de 200 ONG prévenaient que les trois grands groupes ainsi constitués contrôleraient environ 70 pour cent du marché mondial des produits chimiques agricoles et plus de 60 pour cent de celui des semences.

Ces ONG craignent que la réduction de la concurrence et l’accroissement de la domination du marché réduisent encore plus la diversité des semences disponibles. Les agriculteurs pourraient être privés de la possibilité de choisir leurs semences et du droit de reproduire et développer leurs propres semences, sans compter que leur dépendance aux intrants chimiques s’en trouverait accrue.

Ces trois grands groupes pourraient étendre leur contrôle des droits de propriété intellectuelle, évincer du marché les petits semenciers qui existent encore et augmenter les prix imposés aux agriculteurs – autant d’actions qui auraient des conséquences néfastes pour l’économie locale et les petites entreprises alimentaires.

Dans les pays en développement, les petits exploitants agricoles souffriraient tout particulièrement de l’augmentation des prix, du choix limité de semences et de pesticides et exposeraient leur santé aux risques que présente l’utilisation de produits chimiques agricoles. Selon FIAN, les petits exploitants agricoles assurent actuellement 80 pour cent de la production alimentaire mondiale.

Ces ONG préviennent que les conséquences d’une concentration de la puissance pourraient empêcher la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies, et tout particulièrement celle du second : « Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable ».

(INKOTA/FIAN/ile)