Compléter le puzzle de la pauvreté

Le monde continue de faire des progrès vers l’élimination de la pauvreté, comme l’illustre la présente publication de la Banque mondiale « Rapport 2018 sur la pauvreté et la prospérité partagée : Compléter le puzzle de la pauvreté“ » lancée à la fin d’année 2018.

En 2015, environ un dixième de la population mondiale vivait dans l’extrême pauvreté, soit le taux le plus bas jamais enregistré. Il s’agit là d’un résultat remarquable, si l’on considère que cette proportion était de plus d’un tiers en 1990. Depuis le dernier rapport sur la pauvreté dans le monde, il y a deux ans, le nombre de pauvres a diminué de 68 millions.

Mais ce succès n’est pas acquis. La pauvreté augmente dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne ainsi que dans les États fragiles et touchés par un conflit. Dans de nombreux pays, les 40 pour cent les plus pauvres de la population sont laissés pour compte ; dans certains d’entre eux, leur niveau de vie est même en baisse. Pour atteindre l’objectif de la Banque mondiale d’une extrême pauvreté inférieure à 3 pour cent d’ici à 2030, les pays les plus pauvres du monde devront croître beaucoup plus vite que par le passé. « Au contraire, nous devons les intensifier pour promouvoir la croissance économique dans les pays retardataires et veiller à ce que les 40 pour cent les plus pauvres de la population bénéficient plus que les autres du progrès économique » dit Jim Yong Kim, précédent Président du Groupe de la Banque mondiale.

Outre les seuils de pauvreté nationaux, le rapport compare également la pauvreté à deux seuils plus élevés — 3,20 et 5,50 dollars par jour — qui correspondent aux pays à revenu intermédiaire des tranches inférieure et supérieure. Ces seuils reflètent le fait que la notion de pauvreté dépend de la situation sociale des personnes concernées. Ce qui est un luxe dans une société peut être une nécessité dans une autre. Ainsi, la vie d’une personne dont les besoins matériels de base sont satisfaits ne peut être qualifiée de prospère si elle ne peut vivre dignement au sein de la société. Le taux de pauvreté sociétale mentionné dans le présent rapport évalue le bien‑être des populations en tenant compte de leur milieu de vie.

La pauvreté englobe des niveaux de revenu et de consommation insuffisants, mais aussi un faible degré d’instruction, de mauvais résultats en matière de santé et de nutrition, des difficultés d’accès aux services de base et un cadre de vie dangereux. Ce rapport présente les résultats de la première série de mesures multidimensionnelles de la pauvreté mondiale réalisées par la Banque mondiale pour tenir compte des multiples aspects imbriqués de cette question.

Si la pauvreté est traditionnellement mesurée au niveau des ménages, il ne fait aucun doute que des membres de ménages non pauvres peuvent en être victimes en raison des inégalités existant au sein de ceux-ci. Les données et les méthodes actuelles ne permettent pas de tenir compte de ces inégalités dans la plupart des pays. C’est pourquoi un chapitre du rapport examine quelques pays où cela est possible et décrit comment ces inégalités influencent le profil de la pauvreté, notamment par sexe et par âge.
Alors que le double objectif de l’élimination de l’extrême pauvreté et de la promotion d’une prospérité partagée continuera d’orienter l’action, cette nouvelle série de seuils et de mesures de la pauvreté contribuera à élargir la conception de la question. Comme le montre ce rapport, l’adoption d’une vision aussi large ne fait que souligner le chemin qui reste à parcourir pour libérer le monde de la pauvreté dans toutes ses dimensions.

(Banque mondiale / db)

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Regardez la vidéo de la Banque mondiale (en anglais)