Les chercheurs du CGIAR suggèrent d’augmenter la productivité agricole dans les zones où elle est faible, notamment en Éthiopie et en Afrique du Sud.
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Rapport du CGIAR sur les actions visant à atténuer la crise alimentaire due au conflit ukrainien

Alors que le monde est confronté à une éventuelle crise alimentaire mondiale déclenchée par le conflit ukrainien, les chercheurs du CGIAR ont déterminé les actions prioritaires que doivent mener les décideurs mondiaux pour atténuer les chocs de l’approvisionnement et des prix et pour améliorer la résilience face à de futures crises.

Un récent rapport du CGIAR indique que le risque d’insécurité alimentaire mondiale augmente compte tenu du fait que 2,5 milliards de personnes dépendent de quelques régions seulement pour la production de blé, un aliment de base essentiel dans de nombreuses régions du monde. 

Les auteurs du rapport recommandent qu’à court terme on supprime les subventions aux biocombustibles, on fasse bénéficier les plus vulnérables de mesures de protection sociale, on s’attaque à l’inefficacité des subventions actuelles, et on augmente le financement des programmes d’aide humanitaire. 

Les solutions à long terme sont notamment celles qui consistent à augmenter la productivité du blé dans les régions où elle est déjà élevée (par exemple l’Amérique du Nord et l’Europe) et dans celles où les conditions climatiques sont favorables à la culture du blé (par exemple le Soudan et le Nigeria), et à accroître la productivité agricole dans les zones où elle est faible (surtout l’Éthiopie et l’Afrique du Sud).  

« Le document intitulé Seven Actions to Limit the Impact of War in Ukraine on Global Food Security (sept mesures visant à limiter l’impact de la guerre en Ukraine sur la sécurité alimentaire mondiale) est le fruit d’analyses exhaustives effectuées par des chercheurs du CGIAR. Il indique que la crise est aggravée par le fait que le système alimentaire se ressent déjà des effets du changement climatique, d’une crise de la biodiversité et de la pandémie en cours. 

Selon Marco Ferroni, président du conseil d’administration du Système CGIAR, ce conflit fait prendre encore plus conscience de la fragilité du système alimentaire mondial et constitue une menace pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle de millions de personnes. Il dit que si, de son côté, la communauté mondiale doit redoubler d’efforts pour faire face aux besoins humanitaires urgents de ceux qui sont les plus durement touchés, les systèmes alimentaires mondiaux doivent, du leur, être mieux préparés aux futurs chocs alimentaires. » 

Dans un communiqué de presse, le CGIAR a indiqué qu’en raison du fort ralentissement des exportations de l’Ukraine et de la Russie, les prix du blé flambent et qu’il faut s’attendre à des pénuries. On a également constaté une réduction majeure des exportations d’engrais chimiques et on s’attend à des répercussions sur d’autres marchés de produits alimentaires de base.  

Principales recommandations des chercheurs du CGIAR
 

Autres recommandations du rapport du CGIAR : 

  1. Investir dans des analyses en temps réel : le suivi du prix des produits alimentaires et des engrais et l’analyse des risques d’insécurité alimentaire dans chaque pays pourraient donner des orientations pour les réponses stratégiques visant à minimiser les perturbations des exportations alimentaires, à accroître la protection sociale et à intensifier l’aide alimentaire. 
  2.  Contrôler l’efficacité des interventions : diverses options sont proposées, y compris le recours internationalement contrôlé aux réserves alimentaires existantes et la réduction des taxes sur les intrants agricoles, y compris sur les énergies. Mais les compromis pourraient être considérables et exigeraient une analyse et des recherches attentives pour identifier d’éventuelles conséquences imprévues. 
  3. Empêcher la mise en œuvre de politiques susceptibles d’empirer la situation : les gouvernements devraient éviter les solutions à court terme qui freinent l’évolution vers des systèmes alimentaires durables et résilients. Il est fortement recommandé d’éviter les sanctions qui font obstruction au commerce des produits alimentaires et des engrais.  
  4. Investir dans la recherche agricole respectueuse du climat et dans l’innovation fondée sur des données factuelles pour assurer une résilience à long terme aux chocs. 
  5. Identifier et évaluer les technologies : parmi les exemples donnés, citons les systèmes de télédétection par satellite et la communication aux agriculteurs de données susceptibles d’améliorer la productivité. 
  6. Fournir des exemples avérés de politiques optimales en montrant l’impact d’interventions précédentes sur la sécurité alimentaire, la lutte contre la pauvreté, l’alimentation et l’égalité de genre. 
    (CGIAR/wi)

Lien avec la publication du CGIAR : Seven Actions to Limit the Impact of War in Ukraine on Global Food Security 

 

 

 

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