La chaîne de valeur alimentaire est bien armée pour créer de nouveaux emplois. Dans une usine de transformation de noix de cajou au Ghana.
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Campagne pour l’emploi en Afrique

Chaque année, déferlent sur le marché du travail africain 20 millions de jeunes pour lesquels il n’y a pas d’emploi. Une étude menée par l’institut allemand de développement présente les conditions cadres nécessaires pour que cela change. La création d’emplois fait partie intégrante de l’initiative « un plan Marshall pour l’Afrique » lancée par le gouvernement fédéral allemand au début de 2017.

L’Afrique ne pourra répondre aux ambitions et objectifs de sa population que si 20 millions d’emplois sont créés chaque année jusqu’en 2035. Mais ce n’est là que le nombre d’emplois recherchés par ceux qui entrent sur le marché du travail. La tâche complexe à laquelle il faut s’attaquer varie d’un pays à un autre et elle tient compte de conditions préalables hétérogènes. C’est plus ou moins la conclusion à laquelle est arrivée une étude réalisée par l’Institut allemand de développement (DIE), demandée par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et dont les résultats ont été examinés avec des spécialistes de l’Afrique à Bonn, Allemagne, en septembre, en présence de Gerd Müller, ministre fédéral du Développement.

Gerd Müller soutient que la création de 20 millions d’emplois en Afrique est possible, mais que c’est à l’Europe et l’Afrique d’en faire plus pour atteindre ce résultat. « L’Afrique doit plus investir dans les gens, imposer l’État de droit dans ses pays, promouvoir les activités commerciales et lutter contre la corruption. De son côté, l’Europe doit mettre un terme à l’exploitation, mettre en œuvre le commerce équitable, soutenir les investissements et s’assurer que plus de valeur est créée par notre continent voisin, » a écrit le ministre dans un communiqué de presse publié pour la réunion des spécialistes.

Tilman Altenburg, du DIE, s’est montré plus critique lorsqu’il a présenté l’étude. En Asie du sud-est, par exemple, une transformation structurelle avait contribué à faire passer le monde du travail de l’économie de subsistance et du micro-commerce, à la diversification de l’emploi dans l’industrie et le secteur des services. À ce jour, cette transformation structurelle n’a pas eu lieu en Afrique.

Tilman Altenburg pense néanmoins que le problème peut être résolu si l’économie améliore les conditions cadres et encourage certains secteurs économiques, si la productivité des petits exploitants agricoles s’améliore et si les pays africains appliquent des programmes d’emploi financés par le public.

Roland Krieg, Bonn, Allemagne

Lien avec l’étude de l’institut allemand de développement  « Arbeitsplatzoffensive für Afrika » :