Selon ICRAF dix cultures sont en phases finales d’analyse avant leur mise sur le marché.
Photo: © World Agroforestry Centre

Améliorer les cultures africaines pour lutter contre la malnutrition

Du matériel végétal amélioré obtenu à partir de cultures dites « orphelines » sera bientôt mis à la disposition des petits exploitants agricoles de toute l’Afrique par le Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF) basé à Nairobi.

Les cultures orphelines (ou mineures) sont des cultures qui ne sont généralement pas commercialisées au niveau international mais qui peuvent jouer un rôle important en matière de sécurité alimentaire régionale. Pour diverses raisons, beaucoup de ces cultures ont peu intéressé les phytogénéticiens ou les instituts de recherche souhaitant améliorer leur productivité.

Le Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF) et l’Académie africaine de sélection végétale ont annoncé qu’ils allaient bientôt mettre sur le marché des variétés améliorées d’espèces autochtones africaines – baobab, arachide, sapote blanche, pomme-cannelle, marula, aubergine africaine, « drum stick », haricot lablab, éleusine et haricot commun. Les cultures orphelines sont des cultures qui ont été négligées par les chercheurs et l’industrie en général pour la raison qu’elles ne présentent pas d’intérêt économique sur le marché mondial, malgré leur valeur pour les communautés locales, par exemple grâce à leur rôle en matière d’amélioration de la nutrition et de prévention de la faim.

Aujourd’hui, grâce à l’Académie africaine de sélection végétale, une initiative du Consortium africain des cultures orphelines (African Orphan Crops Consortium – AOCC), des phytogénéticiens s’efforcent d’améliorer 100 cultures orphelines susceptibles d’améliorer la nutrition et de contribuer à la sécurité alimentaire. Selon les chercheurs de l’ICRAF, les variétés améliorées résistent mieux aux conditions défavorables et notamment à celles qui sont dues au changement climatique ; elles résistent mieux aux parasites ; elles sont plus nourrissantes et ont de meilleurs rendements. Leur élaboration a commencé en 2011 et fait appel à des technologies génomiques modernes.

Selon Ramni Jamnadass, chef de recherche en diversité, domestication et production des arbres au Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF), dix cultures sont en phases finales d’analyse avant leur mise sur le marché. Il précise que « leurs génomes ont été séquencés, assemblés et annotés de manière à obtenir de meilleures variétés à cultiver. »

La « faim non apparente » (carence en vitamines et minéraux essentiels) est un problème majeur en Afrique. Elle entraîne un affaiblissement du système immunitaire, elle ralentit la croissance physique et le développement intellectuel et peut entraîner la mort. Les chercheurs de l’ICRAF font remarquer qu’elle enferme les pays dans des cycles de mauvaise alimentation, de perte de productivité, de pauvreté et de réduction de la croissance économique.


(ICRAF/wi)


Pour en savoir plus:  Landscapes for People, Food and Nature (paysages au service des populations, de l’alimentation et de la nature) 

l’Académie africaine de sélection végétale