Au Kenya, un éleveur avec ses bœufs qui ont survécu à la sécheresse. Les deux tiers de son cheptel ont été décimés.
Photo: © FAO/Tony Karuma

Afrique de l’est : La faim gagne du terrain

Les faibles pluies tombées à travers la région est-africaine ont aggravé les souffrances liées à la faim, asséché les terres et pâturages et provoqué des milliers de décès au sein du bétail.

Les faibles pluies tombées à travers la région est-africaine ont aggravé les souffrances liées à la faim. Selon une alerte émise à la mi-juillet par le Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR) de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), cette nouvelle saison de faibles pluies, la troisième consécutive, a sérieusement dégradé la résilience des familles et il est nécessaire et urgent de soutenir leurs moyens d'existence.

Les zones les plus affectées, sur lesquelles sont tombées moins de la moitié des précipitations normales de saison, sont situées au centre et au sud de la Somalie, au sud-est de l'Ethiopie, au nord et à l'est de Kenya, au nord de la Tanzanie et au nord-est et au sud-est de l'Ouganda.

Les besoins humanitaires en hausse

Le nombre de personnes ayant besoin d'une aide humanitaire dans les cinq pays mentionnés auparavant, estimé actuellement à près de 16 millions, a augmenté d'environ 30 pour cent depuis la fin de l'année 2016. En Somalie, près de la moitié de la population est en situation d'insécurité alimentaire mais. Selon la FAO, une aide humanitaire délivrée en temps opportun a permis d'éviter la famine jusqu'à présent, il est cependant important qu'elle se poursuive. La situation à travers la région devrait encore se détériorer dans les prochains moins avec le début de la saison sèche et un démarrage précoce de la saison creuse.

La sécurité alimentaire des éleveurs suscite de vives inquiétudes en Ethiopie, au Kenya et en Somalie, où les taux de mortalité animale sont élevés et où la production laitière tirée du bétail survivant a fortement baissé, entraînant des conséquences négatives sur la sécurité alimentaire et la nutrition.

Les prix du bétail ont chuté en raison de l'état physique déplorable des animaux et à cela s'ajoute la hausse des prix des céréales. Tous ces éléments ont contribué à limiter l'accès des éleveurs à l'alimentation. La situation des pâturages et du bétail devraient, eux aussi, se détériorer de plus belle, au moins jusqu'à la prochaine saison des pluies en octobre.

De piètres perspectives de récolte

Dans plusieurs zones agricoles à travers la région, les faibles pluies ont provoqué une forte diminution des plantations, tandis que les cultures se sont flétries. Malgré quelques précipitations tombées en mai, les dégâts subis par les cultures sont irréversibles.

De plus, la chenille légionnaire, qui a provoqué des dégâts importants sur les cultures de maïs en Afrique australe, s'est propagée vers l'est et a aggravé la situation. Au Kenya, le fléau a affecté jusqu'à présent près de 200 000 hectares de cultures, tandis qu'en Ouganda, plus de la moitié des 111 districts du pays sont touchés.

En Somalie, les perspectives  sont défavorables pour les principales récoltes du gu de cette année, après que les pluies du gu soient arrivées en retard, des pluies tombées faiblement et de manière irrégulière sur la plupart des régions du pays. Dans la région du Bas-Chebeli, la principale région productrice de maïs, les précipitations saisonnières étaient 50 fois inférieures à leur moyenne et la sécheresse affecte actuellement jusqu'à 85 pour cent des terres cultivées.

En Ethiopie, les pluies défavorables belg dans les régions agricoles du sud du pays devraient enregistrer un déficit de la production céréalière locale. La sécheresse affecte également les rendements dans le centre, le sud-est et les zones côtières du Kenya. En Tanzanie, les pluies défavorables devraient également avoir pour effet de réduire la production céréalière locale dans les régions du nord et du centre, tandis qu'en Ouganda, les perspectives de récolte sont défavorables pour la première campagne dans les districts du sud-ouest et du nord.

Les prix des céréales vont fortement augmenter en raison de la baisse des stocks et des inquiétudes liées aux résultats  des campagnes agricoles actuelles. Les prix en mai se sont rapprochés des niveaux record dans la plupart des marchés et ont presque doublé par rapport à l'année dernière à la même période.  

(FAO/sri)